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Biélorussie: selon ses compagnons, Kolesnikova aurait déchiré son passeport pour éviter l’exil forcé

Les militants de l'opposition biélorusse Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov participent à une conférence de presse, peu après avoir quitté la Biélorussie, à Kiev, en Ukraine, le 8 septembre 2020.
Les militants de l'opposition biélorusse Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov participent à une conférence de presse, peu après avoir quitté la Biélorussie, à Kiev, en Ukraine, le 8 septembre 2020. REUTERS/Gleb Garanich
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La France condamne la tentative d’expulsion de l’opposante Maria Kolesnikova de son propre pays, la Biélorussie. Poussée par les forces de sécurité à passer en Ukraine, ce mardi matin, elle a déchiré son passeport pour s’interdire tout passage. Elle est actuellement en détention en Biélorussie. Deux de ses compagnons opposants sont, eux, arrivés à Kiev. Ils ont donné une conférence de presse ce mardi soir pour expliquer leur mésaventure. 

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Avec notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert

Anton Rodnenkov et Ivan Kravtsov ont été kidnappés à Minsk ce lundi, le même jour que Maria Kolesnikova, et conduits à la frontière ukrainienne. Tous trois membres du conseil de coordination de l’opposition biélorusse, ils reçoivent une voiture, leurs passeports et des billets d’avion pour plusieurs destinations. Objectif: que ces opposants partent loin de Minsk. Maria Kolesnikova proteste. Dans la zone neutre entre les postes biélorusse et ukrainien, elle déchire son passeport, s’extirpe du véhicule et retourne bravement vers la Biélorussie. A en croire le récite d’Ivan Kravtsov, cet acte héroïque n’est pas surprenant de la part de Maria Kolesnikova. Elle a prouvé pendant des mois sa détermination à abattre le régime d’Alexander Loukachenko.

« Pourquoi nous n’avons pas fait comme Maria Kolesnikova ? C’est une question délicate, a répondu Anton Rodnenkov. Je vais vous dire en tout honnêteté : je l’admire, mais je ne suis pas capable de telles actions. C’est la raison pour laquelle Maria est l’un des leaders de l’opposition, et moi, je suis attaché de presse. »

Svetlana Tikhanovskaya, cheffe de file de l’opposition contrainte à l’exil en Lituanie, a également qualifié cet acte d’« héroïque ». « En déchirant son passeport à la frontière, Maria a cassé ce système qui consiste à chasser les gens du pays. Si les autorités recourent à de telles méthodes, c’est qu’elles n’ont plus aucun soutien. »

Les deux camarades de Maria Kolesnikova ne comptent pas abandonner la lutte. Ils ne prévoient pas de demander d’asile politique en Ukraine et souhaitent rentrer, malgré la répression brutale qui s’est encore abattue sur une marche pacifique ce mardi soir à Minsk. Le conseil de coordination de l’opposition déplore aussi l’enlèvement d’une autre militante.

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