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La Russie se rend aux urnes dimanche avec l’affaire Navalny dans tous les esprits

En plus de l'affaire Navalny, la Russie est marquée par les mouvements de contestation dans les grandes villes et en Sibérie. Ici, des manifestants bravent la pluie à la ville de Khabarovsk pour soutenir leur gouverneur Sergeï Furgal, le 1er août 2020.
En plus de l'affaire Navalny, la Russie est marquée par les mouvements de contestation dans les grandes villes et en Sibérie. Ici, des manifestants bravent la pluie à la ville de Khabarovsk pour soutenir leur gouverneur Sergeï Furgal, le 1er août 2020. REUTERS/Evgenii Pereverzev
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La Russie connaîtra dimanche 13 septembre des élections régionales partielles, dans un contexte difficile, marqué par l’empoisonnement d’Alexeï Navalny et un important mouvement de contestation en Sibérie. Le pouvoir en est conscient. À un an des législatives de 2021, il veut éviter les faux pas pour redorer l’image du parti de Vladimir Poutine, Russie Unie.

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Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin

Court-circuiter la contestation en choisissant les candidats autorisés à se présenter et remettre Russie Unie au centre du jeu politique : tel est l’objectif de Vladimir Poutine. En 2019, l’échec de gouverneurs issus du parti au pouvoir de se faire réélire l’avait irrité, il a donc à cœur d’éviter, selon Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe à Moscou, la répétition d’un tel scénario.

« L’enjeu pour Russie Unie est d’éviter l’élection de candidats d’opposition, même d’opposition autorisée, c’est-à-dire d’opposition représentée à la Douma, explique-t-il. Cela est assez nouveau et on se rend compte que les communistes sont sous pression, parce que le pouvoir considère qu’ils peuvent capter une partie du vote contestataire. »

Autre catalyseur de la contestation : Alexeï Navalny. L’émoi suscité par son empoisonnement va-t-il galvaniser les foules contre le pouvoir ? Rien n’est moins sûr. Hors de Moscou et Saint-Pétersbourg, l’ancrage local de l’opposant reste faible, c’est pourquoi Arnaud Dubien reste mesuré.

« On ne sait pas si cela va produire un effet, en Russie même, et par quoi ça pourrait se traduire… Donc peut-être dimanche, mais ce n’est pas sûr du tout en réalité. »

Éviter les remous pour mieux se concentrer sur les législatives de 2021 qui vont conditionner la fin de mandat de Vladimir Poutine… avant sa possible réélection en 2024 : tel est l’enjeu des élections de ce weekend.

« Depuis 2012, si on regarde les résultats de Russie Unie dans les régions, ils sont excellents, voire écrasants, rappelle Clémentine Fauconnier, maitresse de conférence à l’université de Haute Alsace. Mais ils ne se font pas tant grâce à la fraude, je dirais, que grâce à une réforme de la législation électorale qui permet d'avoir, avec une minorité d'électeurs qui se déplacent, un maximum de voix pour Russie Unie. Donc ce n'est pas du tout un signe de soutien de la population. »

« Le soutien effectif de la population, en fait, il ne fait que décroître depuis 2012. Et ça, je pense que les spécialistes en campagnes électorales du Kremlin en sont tout à fait conscients. Ce sont des victoires en trompe-l'oeil. La cote de popularité de Poutine a beaucoup baissé. Il est sur sa fourchette basse à 60%, ce qui pour Poutine est très bas, et ce depuis deux ans, c'est-à-dire depuis les manifestations contre les retraites »

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