Forces aériennes: la Grèce va se doter de 18 Rafale

Un Rafale décolle de la base de Merignac, dans le sud de la France. Le 27 juillet 2020.
Un Rafale décolle de la base de Merignac, dans le sud de la France. Le 27 juillet 2020. V. Almansa / Dassault Aviation / AFP

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotaki, a annoncé le 12 septembre un large programme de réarmement pour répondre à l'aggravation des tensions avec la Turquie. Athènes va acquérir 18 chasseurs Rafale, quatre frégates, des hélicoptères et des munitions. L'armée grecque va également se renforcer en recrutant près de 15 000 hommes. En renforçant massivement ses capacités de défense, la Grèce envoie une mise en garde à la Turquie.

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L’exécutif grec ne cesse de le marteler : « face à l’expansionnisme turc, la Grèce n'acceptera pas de négocier un pistolet sur la tempe ». Grâce à ce contrat d’armement dont le montant n’a pas été précisé, Athènes à l’ambition de faire monter en gamme ses forces armées.

Les acquisitions de matériels s’étaleront sur une décennie et porteront les dépenses militaires à 2% du produit intérieur brut. La Grèce, résolue à défendre sa souveraineté, envoie ainsi un message sans ambiguïté au président turc Recep Tayip Erdogan.

Depuis le 10 août dernier, le navire sismique turc Oruç Reis, escorté par des navires de guerre, manœuvre dans l'espace maritime grec au sud de Chypre et au large de la Crète, à la recherche de gisement d'hydrocarbures.

Athènes redoute que la Turquie cherche à s'approprier des couloirs maritimes au cœur de la myriade d'îles de la mer Égée et craint aussi de voir la Turquie prendre pied sur des îlots lui appartenant à l'instar de Kastelorizzo, d'une superficie de seulement 9 kilomètres carrés, située à moins de 7 kilomètres de la côte sud de la Turquie. Une possession grecque qui, selon le droit maritime international, prive Ankara d'une large zone économique exclusive.

Face à une posture turque de plus en plus agressive, la Grèce se dit déterminer à former un « bouclier national » en s’équipant notamment de Rafale.

Le Rafale, un « game changer »

L'armée de l'air grecque a opté pour l’acquisition de dix-huit appareils, dont six neufs et douze d'occasions. Ce contrat va s'articuler en deux temps. Les appareils d'occasions vont d'abord être prélevés au sein des escadres de chasse françaises pour équiper aux plus vite les forces grecques.

Ce n’est pas la première fois que la Grèce fait le choix de Dassault Aviation. En 1985, Athènes avait déjà passé commande d’une cinquantaine de Mirage 2000. En choisissant l’avion français, la Grèce envoie aussi un signal positif à la France, qui, dans ce bras de fer avec la Turquie, multiplie les signaux militaires pour contraindre Ankara à cesser ses activités unilatérales. La marine nationale a ainsi déployé en Méditerranée Orientale la frégate Lafayette et l’armée de l’air a pré-positionné deux Rafale en Crète. Paris et Athènes ont aussi prévu de signer un partenariat stratégique d'ici la fin de l'année.

Enfin, le Rafale est un avion de combat « qui a démontré ses capacités au combat », souligne le général Patrick Lefebvre, ancien pilote de l'armée de l'air, désormais en charge des formations au sein de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques.

« Si on devait le comparer à ses concurrents actuels, il fait la démonstration de performances que peu de chasseurs possèdent, explique-t-il. J’ai le sentiment que les Rafale risquent de surclasser les F16 turcs. Pour la zone d’influence grecque, c’est quand même un game changer. Les Turcs y regarderont à deux fois avant d’agir face à des avions de combat de cette génération, et ce, d’autant que les pilotes grecs sont très aguerris, très bien formés. Et puis, c’est aussi une forme de victoire française de pouvoir déployer des avions chez des partenaires de ce niveau ».

Grâce à ce large programme de réarmement, la Grèce peut espérer rééquilibrer le rapport de force avec son puissant voisin et permettre de régler devant les tribunaux internationaux les différends autour de la souveraineté maritime. Le 13  septembre, le navire d’exploration Oruç Reis a regagné le port d'Antalya. « Un premier pas positif », s'est félicité le Premier ministre grec, peut-être l’amorce d'une désescalade dans la région.

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