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Revue de presse des Balkans

À la une: accord Kosovo-Serbie, Jérusalem, un cheveu dans la soupe d'Aleksandar Vučić

Cérémonie de signature à la Maison Blanche avec le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti, vendredi 4 septembre 2020.
Cérémonie de signature à la Maison Blanche avec le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti, vendredi 4 septembre 2020. REUTERS/Leah Millis

Une revue de presse présentée en partenariat avec le Courrier des Balkans.

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Le 4 septembre, la Serbie signait un « accord de normalisation économique » avec le Kosovo à la Maison blanche. Alors que ce texte ne prévoit qu'un rapprochement a minima, la clause la plus commentée a sûrement été le transfert à Jérusalem de son ambassade en Israël d'ici juillet 2021. Le président Aleksandar Vučić a même semblé un peu dérouté à l'image lorsque Donald Trump l'a annoncé triomphalement. En acceptant ce deal, la Serbie a en tout cas mis en colère la majorité des pays du monde arabe, des alliés jusque-là précieux, mais aussi l’Union européenne, la Russie et la Chine...

 

Sur le plan intérieur, le président serbe continue de serrer la vis pour faire taire tous ceux qui osent encore s'élever contre son régime. Il aurait même mis en place une « liste noire » des artistes à bannir. Pour les écrivains, comédiens ou musiciens qui y figurent, il est devenu tout simplement impossible de se produire ou d’organiser une rencontre dans un espace public, d'autant que toutes les municipalités du pays sont désormais aux mains de son parti. La censure est désormais pire que dans les noires années 1990.

 

Réfugiés : les Balkans jouent les « chiens de garde » de l'UE

 

Durant l'été, la Serbie a commencé à construire une immense barrière de barbelés à la frontière avec la Macédoine du Nord. Officiellement pour empêcher la propagation du Covid-19. Mais pour les ONG, il ne fait aucun doute que l'objectif est d'empêcher les migrants et réfugiés de passer. Jasmin Rexhepi, qui préside l’ONG macédonienne Legis, dénonce la dérive sécuritaire des autocrates balkaniques en pleine « orbanisation. Entretien.

 

Au tout début de la route des Balkans, sur l'île grecque de Lesbos, la situation reste chaotique un peu plus d'une semaine après l'incendie qui a détruit l'immense camp de réfugiés de Moria. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont toujours obligés de dormir dehors et la nourriture manque. Épuisés physiquement et moralement de devoir attendre d'interminables mois pour obtenir une réponse sur leur demande d'asile, ils sont nombreux à refuser de rejoindre le nouveau camp officiel « provisoire » que la Grèce a ouvert le 17 septembre.

 

Après avoir obtenu le feu vert au printemps, la Macédoine du Nord espère pouvoir ouvrir au plus vite ses négociations d'adhésion à l'Union européenne. Mais ces dernières semaines, le ton monte de nouveau avec la Bulgarie voisine. En cause, de vieilles querelles historiques qu'une commission mixte mise en place en 2017 est pourtant censée régler. Le vice-Premier ministre bulgare en charge de la Défense, le nationaliste Krassimir Karakachanov a même ouvertement menacé de bloquer Skopje. En réponse, les nationalistes-conservateurs macédoniens ont défilé dans les rues cette semaine et accusé le gouvernement social-démocrate de trahison pour avoir tendu la main à Sofia.

 

Dernier pays à être entré dans l'Union européenne, en 2013, la Croatie veut jouer les médiateurs pour accompagner ses voisins des Balkans occidentaux dans leur processus d'adhésion. C'est un des sujets qui ont été abordés lors de la rencontre, à Zagreb, entre président Zoran Milanović et Milorad Dodik, membre serbe de la présidence tripartite de Bosnie-Herzégovine. Une visite qui suscite de vives critiques alors que l'homme fort des Serbes de Bosnie multiplie les prises de positions controversées. Vingt-cinq ans après les accords de paix de Dayton qui ont mis fin aux combats des guerres yougoslaves, la Cour suprême de Croatie a finalement reconnu la responsabilité de l'État dans les crimes de guerre commis en son nom. Une jurisprudence qui devrait faire date.

 

Personnage-clé du conflit de 1992-95, le criminel de guerre serbe Momčilo Krajišnik est décédé mardi à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska (RS), l'entité serbe de Bosnie, des suites de la covid-19. Architecte du nettoyage ethnique, il avait été condamné à 20 ans de prison par la justice internationale pour crimes contre l'Humanité. Les autorités de RS, sous le contrôle de Milorad Dodik, ont rendu un dernier hommage à celui qu'elles considèrent toujours comme un « patriote ».

 

La Slovénie au sommet du Tour de France

 

Bon élève des Balkans concernant la lutte contre le réchauffement climatique, la Slovénie est sous le coup d'une poursuite judiciaire déposée par une compagnie pétrolière britannique qui lui reproche une protection « déraisonnable » de l'environnement. Son tort : avoir imposé une étude d'impact avant que ne soit déclenchée une opération de fracturation hydraulique près d'une source.

La Slovénie peut en revanche se réjouir du succès de ses coureurs cyclistes sur le Tour de France 2020. Annoncé comme le grand favori de l'épreuve, Primož Roglič n'a pas failli et devrait, sauf accident, s'imposer dimanche sur les Champs Élysées. Le seul à l'avoir inquiété aura été son jeune compatriote, Tadej Pogačar, 21 ans, la révélation de cette Grande boucle. Le journaliste sportif slovène analyse cette réussite, qui aurait paru inimaginable il y a encore quelques années.

 

On reconnaît aussi trois basketteurs slovènes sur la photo des « Balkan boys » qui a été prise à la fin août dans un restaurant d'Orlando. Oubliant les querelles du passé qui divisent leurs pays, cette « dream team yougoslave » avait décidé de décompresser ensemble, après trois mois passés dans la « bulle » du complexe Disney World où se déroulent les play-off de la NBA. L'image a fait le tour des réseaux sociaux balkaniques et séduit les fans de basket du monde entier. Cela a peut-être donné des idées aux fédérations albanaise et kosovare de basket, qui ont décidé de leur côté d'annoncer la création d'une ligue commune.

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