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Reportage

Saison touristique et Covid, un nouveau coup dur pour la Grèce

À Athènes, en Grèce, le 28 avril 2020.
À Athènes, en Grèce, le 28 avril 2020. REUTERS/Goran Tomasevic/File Photo

La Grèce espérait sortir la tête de l’eau après des années d’austérité. Le coronavirus est venu mettre à mal un secteur majeur : le tourisme, qui pèse 20 % du PIB. Entretien avec Haris Theoharis, ministre du Tourisme de la Grèce.

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RFI : La saison n’est pas tout à fait terminée mais quel est le premier bilan que vous tirez de cet été touristique très particulier en Grèce ?

Haris Theoharis : C’est une situation très difficile et très étrange pour tous les pays dans le monde et leur industrie touristique. En avril, au plus fort de la pandémie, je n’avais même pas projeté qu’on pourrait redémarrer cette activité. En tout cas, nous ne nous sommes jamais fixé d’objectif quantitatif, nous nous sommes concentrés sur la qualité. Nous voulions absolument garantir cette année que chaque personne qui poserait le pied sur notre territoire, tout comme la population grecque, serait en sécurité sanitairement parlant, et qu’elle pourrait rentrer chez elle dans de bonnes conditions.

Nous espérons que tout le monde reconnaîtra que nous gérons la pandémie bien mieux que d’autres pays ne le font.

La perte pour le secteur du tourisme sera certainement très substantielle en 2020. Nous en sommes déjà à 80 % de recul en juillet, 65 % en août, les mois les importants pour la Grèce. Et la résurgence de la pandémie ne nous pousse pas à voir les choses de manière optimiste pour l’arrière-saison en septembre et octobre. Mais nous ne devons pas juger en fonction des standards de l’année dernière, et l’Union européenne a fait ce qu’il fallait [avec le plan de relance voté en juillet, ndlr] pour que le secteur puisse passer l’hiver. Il y a un mandat clair pour le type de dépenses qui pourront être faites avec cet argent européen, et nous qui avons plus d’expérience que les autres sur les conditionnalités, nous pouvons garantir que cet argent ne sera pas jeté par les fenêtres, mais dépensé pour faire repartir la croissance et renforcer notre économie.

Dans beaucoup de pays européens, on a misé sur la clientèle nationale pour compenser la perte des touristes hors UE. Comment ça s’est passé en Grèce ?

Dans beaucoup d’autres pays comme l’Italie, la France et l’Espagne, le tourisme national joue un rôle au moins aussi important que le tourisme étranger.

Ce n’est pas le cas pour la Grèce. 90 % du tourisme vient de l’étranger. Alors peu importe dans quelle mesure nous pouvons compenser en interne, ça ne remplacera jamais les revenus issus des touristes des autres pays. Nous recevons environ 35 millions de touristes par an pour 10 millions d’habitants. Notre succès nous rend très dépendant des étrangers

Ce printemps, les 27 ont décidé seuls dans leur coin de fermer leurs frontières, et le même mouvement se dessine ces dernières semaines. La Commission européenne appelle à une véritable coordination et fera des propositions en ce sens la semaine prochaine. Y êtes-vous favorable ?

Nous saluons de manière très positive cette initiative européenne, nous y travaillons et la demandons depuis le début ! Nous aimerions que l’Europe agisse collectivement. Bien sûr les questions de santé sont très importantes et chaque pays a le droit de protéger ses citoyens de la façon qu’il juge la plus adaptée. Mais nous ne voyons aucune raison de ne pas coordonner les critères et les décisions sur la circulation des personnes d’une meilleure manière. Au tout début, il n’y a eu aucune coordination, nous avons appelé à des décisions communes mais elles n’arrivaient pas. Nous avons été un des tous premiers à dire que c’était absolument nécessaire d’y arriver.

Cette période est terminée, mais nous voyons à nouveau revenir le climat de fragmentation qu’il y avait en Europe ce printemps. Chaque pays a ses propres règles. Donc je pense qu’il est plus que temps de mettre en place une approche commune. Nous devrions avoir les mêmes critères pour les tests, le type de quarantaine, que ce soit sa durée ou la manière dont on la met en place, à l’hôtel ou à domicile… Aujourd’hui nous avons des pays qui placent des pays entiers en rouge, d’autres des régions, certains qui décident de partager une bulle de voyage ensemble… Les pays de l’espace Schengen, au minimum, devraient être capables de s’organiser.

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