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Biélorussie: plus d'un mois de mobilisation contre Loukachenko tous les week-end

Femme manifestant et faisant face aux forces de l'ordre à Minsk, la capitale de la Biélorussie, le samedi 19 septembre 2020.
Femme manifestant et faisant face aux forces de l'ordre à Minsk, la capitale de la Biélorussie, le samedi 19 septembre 2020. Tut.By via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Cela fait un mois et demi que la mobilisation contre le président Alexandre Loukachenko a débuté en Biélorussie. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans, a été réélu le 9 août lors d'un scrutin qualifié de « truqué » par l'opposition. Des dizaines de milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées ce 20 septembre pour de nouvelles marches de protestation, qui se sont traduites par plus de 160 arrestations.

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Depuis le 9 août, un mouvement sans précédent pour réclamer son départ touche Minsk et d'autres grandes villes de l'ancienne république soviétique. Une nouvelle manifestation se tenait ce dimanche 20 septembre dans la capitale. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans tout le pays pour de nouvelles marches de protestation contre la réélection du président Alexandre Loukachenko, malgré les pressions policières illustrées par plus de 160 arrestations.

La mobilisation suit le même schéma tous les week-ends. Le samedi, ce sont en grande partie des femmes qui manifestent contre les violences policières. Les dimanches sont les jours des mobilisations de masse pour réclamer le départ du président Loukachenko.

Dimanche dernier, pas moins de 100 000 personnes avaient manifesté rien qu'à Minsk. Le mouvement prend de l'ampleur et s'étend, au niveau local, malgré la répression. Chaque week-end est marqué par de nombreuses arrestations par la police anti-émeute ou des policiers masqués en civil.

Hier samedi encore, les manifestants se sont rassemblés malgré le déploiement à Minsk de véhicules blindés et de canons à eau. La manifestation d'environ 2 000 femmes a été brutalement dispersée, des centaines ont été interpellées, parfois portées par des policiers dans des fourgonnettes. Un visage connu, Nina Baguinskaïa, une militante de 73 ans, a rapidement été relâchée.

On a l'impression aujourd'hui que les forces de l'ordre on atteint une capacité maximale de répression qui serait socialement acceptable et idéologiquement acceptable, et peut-être matériellement faisable également. C'est à dire que la répression qu'exercent les forces de l'ordre aujourd'hui ne bascule pas dans une violence absolue, la plupart des manifestants interpellés par exemple vont être relâchés quelques heures plus tard.

Anna Colin-Lebedev, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Nanterre

10 000 personnes « abusivement arrêtées »

En un mois et demi, plus de 10 000 personnes ont été « abusivement arrêtées », selon la rapporteure spéciale de l'ONU sur les Droits de l'homme en Biélorussie. Plusieurs figures de l'opposition en font partie, certaines ont été incarcérées, d'autres contraintes à l'exil, notamment en Pologne et en Lituanie.

D’ailleurs, la Biélorussie a promis cette semaine de fermer ses frontières avec ses deux voisins. Le président Alexandre Loukachenko refuse catégoriquement de s'incliner. Il a demandé l'aide de son homologue russe Vladimir Poutine, qui a promis un soutien sécuritaire à Minsk si nécessaire et promis à la Biélorussie un prêt de 1,5 milliard de dollars.

La leader d'opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, doit rencontrer lundi 21 septembre les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles. Des sanctions européennes sont prévues contre des personnalités biélorusses jugées responsables de fraudes électorales et de la répression policière contre les manifestants.

Pour Anna Colin-Lebedev, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Nanterre, la clé de la résolution de la situation en Biélorussie n'est pas à Bruxelles.

Les initiatives européennes n'agiront qu'à la marge à la fois sur les autorités et l'économie biélorusse, même si, il faut bien le noter, l'Union européenne est quand même le deuxième partenaire commercial de la Biélorussie à égalité avec la Russie. Ça se jouera dans deux autres endroits en réalité. Ça peut se jouer à Minsk et ça peut se jouer à Moscou.

Anna Colin-Lebedev, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Nanterre

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