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Covid-19: l'Espagne met en place un «confinement sélectif» dans la région de Madrid

Des Espagnols portent des masques de protection pour éviter la propagation du Covid-19 à la sortie d'une station de métro de Madrid le 19 septembre 2020.
Des Espagnols portent des masques de protection pour éviter la propagation du Covid-19 à la sortie d'une station de métro de Madrid le 19 septembre 2020. AP Photo/Manu Fernandez
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La liste des pays qui connaissent actuellement un rebond de contaminations au coronavirus s'allonge de jour en jour. Alors que les États-Unis frôlent désormais la barre des 200 000 morts, qu'Israël est reconfiné depuis vendredi dernier, la situation est également très préoccupante en Espagne. 

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Avec notre correspondant à Madrid,  François Musseau

À la sortie du métro Callao en plein centre de Madrid, tout près de la Gran Vía, les gens sortent massivement. Ce lundi matin, le travail a repris et c’est aussi le premier jour de cette première mesure inédite qui veut qu’une partie de la population, la plus pauvre, qui vit dans le sud de la capitale, connaisse un « confinement sélectif », selon le terme employé en Espagne.

Sur la place de Callao, au sortir du métro, la plupart des gens trouvent cette mesure absurde, d’une part parce qu’elle établit une ségrégation géographique entre les riches et les pauvres, et aussi car elle ne serait en rien efficace car plein de motifs font que quelqu’un d’une zone confinée peut en sortir, comme aller au travail, aller à l’hôpital, chercher les enfants à l’école, etc… Dans ce cas, disait une employée de banque, à tout moment, ces gens peuvent contaminer les autres, d’autant plus facilement s’ils sont asymptomatiques.

Réunion entre Pedro Sanchez et Isabel Diaz Ayuso

Une femme estimait de son côté que cette mesure est « une sorte de sparadrap » sur un problème qui aurait fallu traiter bien avant, il y a deux mois en renforçant les centres de dépistage et aussi donner des moyens matériels et financiers aux services de soins qui sont actuellement débordés.

Une réunion est prévue ce lundi 21 septembre entre le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez et Isabel Diaz Ayuso, sa grande ennemie jurée, la présidente de la région Madrid qui est conservatrice. Ils sont obligés de s’entendre. On verra ce qu’ils vont annoncer pour tenter de juguler cette crise à Madrid qui est la région d’Europe la plus touchée par le Covid-19.


► Réaliser rapidement 850 000 tests avec l'appui de l'armée

La région et le gouvernement se rejettent la responsabilité de cette nouvelle épreuve pour les Madrilènes, mais la réunion entre la présidente de la région et le chef du gouvernement au siège du gouvernement régionale à la puerta del Sol a commencé dans un esprit plutôt constructif, relate notre envoyée spéciale à Madrid, Béatrice Leveillé.

La polémique sur qui doit gérer la crise ou qui a mal géré la crise, la région ou l’État dans un pays où les régions ont une grande autonomie n’est plus vraiment d’actualité. La situation est grave dans la capitale et la présidente de la communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, demande au chef du gouvernement Pedro Sanchez l’appui des forces armées pour réaliser rapidement 850 000 tests dans sa région.

Quant au gouvernement, son objectif est d’aider, pas de juger ou de mettre sous tutelle. La mesure concerne près d’un million de personnes qui ne pourront sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, aller chez le médecin ou amener leurs enfants à l'école.

Ce sont les habitants des quartiers les plus touchés par la pandémie mais aussi les plus pauvres de la capitale qui sont appelés à rester chez eux pour enrayer la contagion. Le gouvernement a déjà mis en place de nombreuses précautions: port du masque, distanciation sociale, mais l’Espagne reste un des pays les plus affectés par le Covid-19 en Europe.

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