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Combats meurtriers au Haut-Karabakh, l'UE appelle au calme

Affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le territoire du Haut-Karabakh , le 28 septembre 2020.
Affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le territoire du Haut-Karabakh , le 28 septembre 2020. Defence Ministry of Azerbaijan/Handout via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les combats se poursuivent dans le Haut-Karabakh, et le ton continue de monter entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. L’inquiétude est vive, car les deux pays pourraient basculer dans une guerre meurtrière avec pour enjeu ce territoire montagneux, disputé depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Ce lundi 28 septembre, vingt-sept soldats séparatistes ont été tués dans les combats avec l'Azerbaïdjan. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir d’urgence ce mardi à huis clos, à l’appel de Paris et de Berlin, pour tenter de trouver une issue à cette énième escalade.

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De notre correspondant à Moscou,  Daniel Vallot

De part et d’autre de la ligne de front, ce sont des moyens considérables qui sont déployés : aviation, blindés, artillerie lourde. Les combats sont les plus violents et les plus meurtiers depuis ceux de 2016, qui avaient fait une centaine de morts en quelques mois.

Pour l’heure, la situation sur le terrain reste confuse, l’Azerbaïdjan déclare s’être emparé de plusieurs localités, mais les autorités du Haut-Karabakh affirment avoir regagné les positions perdues. Impossible de vérifier de façon indépendante ces informations, mais une certitude : la situation est très inquiétante.

Et malgré les appels à la retenue qui se sont multipliés depuis dimanche 27 septembre, rien ne permet d’espérer pour le moment une accalmie. Au contraire, la réthorique guerrière employée ces derniers jours en Azerbaïdjan, comme en Arménie, font craindre le pire.

Un conflit entre les deux pays aurait des conséquences incalculables. Dans les années 1990, la guerre du Haut-Karabakh qui avait suivi l’effondrement de l’URSS, avait fait 30 000 morts et des centaines de milliers de déplacés.

Le soutien turc à Bakou

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a réclamé ce lundi la fin de « l'occupation » arménienne dans la région du Haut-Karabakh, relate la correspondante de RFI à Istanbul, Anne Andlauer. Le président turc a rappelé que son pays était prêt à soutenir « par tous les moyens », « le pays frère et ami qu'est l'Azerbaïdjan ». « Le temps est venu pour que cette crise qui a commencé avec l'occupation du Haut-Karabakh prenne fin. Aussitôt que l'Arménie aura quitté le territoire azerbaïdjanais qu'elle occupe, la région retrouvera la paix et la sérénité. »

Recep Tayyip Erdogan s’en est ensuite pris aux trois médiateurs du « Groupe de Minsk » – la Russie, les États-Unis et la France –, accusés d’avoir « tout fait pour ne pas résoudre ce conflit depuis 30 ans ». Le président turc a donné entièrement raison à Bakou : « L’Azerbaïdjan vous avait demandé de résoudre ce problème… À qui appartiennent les territoires sous occupation ? À l’Azerbaïdjan ! Estimant que l’heure des comptes était arrivée, l’Azerbaïdjan n’a pas eu d'autre choix que de prendre les choses en main ».

La Turquie, par la voix du porte-parole du parti au pouvoir, a en revanche fermement démenti les accusations de l’Arménie, qui faisaient état de l’envoi par Ankara d’armements et de mercenaires dans le Haut-Karabakh.

►À (re)lire : Le Haut-Karabakh, la poudrière non reconnue du Caucase


■ L’Union européenne demande la fin des ingérences au Haut-Karabagh

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell multiplie les contacts avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan pour appeler au calme sur les confins du Haut-Karabakh. Le Haut-Représentant de la diplomatie européenne demande la fin des hostilités, la désescalade et l’observation stricte du cessez-le-feu.

La réaction de Reçep Tayyip Erdoğan a poussé l’Union européenne à réclamer urgemment la fin des ingérences extérieures, jugées inacceptables. « Il y a des contacts à plusieurs niveaux. L'urgence, c'est d'arrêter la confrontation des armes. Nous sommes très très engagés et très actifs d'entretenir les contacts avec tous les acteurs, tous les partenaires qui peuvent contribuer à la cessation des confrontations », affirme Peter Stano, porte-parole de Josep Borrell

Les accusations d’ingérence turque surviennent justement à quelques jours du sommet européen de jeudi et vendredi ou l’Union européenne doit se pencher sur les sanctions à l’encontre de la Turquie au sujet de Chypre et de la Libye.

►À écouter aussi : Haut-Karabakh: «La Russie a le pouvoir de tout arrêter»

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