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Tensions en Méditerranée orientale: la Turquie calme le jeu

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion avec le président du Conseil européen Charles Michel, à Bruxelles, en mars 2020.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion avec le président du Conseil européen Charles Michel, à Bruxelles, en mars 2020. REUTERS/Francois Lenoir
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Sous la pression des pays du sud de l'Europe, les Vingt-Sept n'excluent pas d'imposer des sanctions à Ankara qui depuis le mois d'août a soufflé le chaud et le froid en envoyant son navire de recherche Oruç Reis accompagné de navires militaires dans des eaux revendiquées par la Grèce et Chypre. Bruxelles a assuré la Grèce et Chypre de son entière solidarité contre des activités de forage illégales turques. Un sommet extraordinaire de l'Union européenne se tient jeudi 1er octobre et vendredi 2 octobre à ce sujet.

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« Toutes les options seront sur la table » a mis en garde le président du Conseil européen Charles Michel. Mais tant que le navire turc Oruç Reis reste au port d’Antalya et ne s’aventure plus dans les eaux disputées pour explorer des gisements de gaz naturel, Ankara peut espérer échapper à des sanctions. 

Après avoir montré ses muscles en Méditerranée orientale et déclenché un tollé en Grèce, en Chypre mais aussi à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes, le président turc multiplie les signes d’apaisement. Recep Tayyip Erdogan appelle au dialogue et a même proposé une conférence régionale pour résoudre les litiges territoriaux entre son pays, la Grèce et Chypre.

Ces pourparlers directs pourraient commencer à Istanbul dans les jours ou les semaines suivant le Conseil européen extraordinaire de ces 1er et 2 octobre. Il s’agirait, en réalité, de la reprise d’échanges gréco-turcs qui s’étaient tenus, sans succès, entre 2002 et 2016, rapporte notre correspondante à IstanbulAnne Andlauer.

« L’usage de la force militaire » comme politique étrangère

L’ancien ambassadeur turc Ünal Çeviköz salue ce retour possible au dialogue. « Ces derniers temps, malheureusement, la diplomatie n’a cessé d’être reléguée au second plan dans la politique étrangère de la Turquie, qui repose davantage sur l’usage de la force militaire. Cette attitude menaçante a poussé le bloc d’en face à se montrer de plus en plus dur. Pourtant, j’insiste : il n’y a pas d’autre issue à cette crise que des pourparlers diplomatiques », explique-t-il.

Les autorités d’Ankara veulent aussi croire qu’en tendant la main à Athènes, elles se prémunissent contre des sanctions de l’Union européenne. Recep Tayyip Erdogan compte bien sûr en tirer profit – que ce soit pour établir une véritable union douanière ou encore pour permettre aux citoyens turcs de voyager sans visa dans l’Union européenne.

Jouer l'apaisement avec la France

Ünal Çeviköz, désormais député de l’opposition, estime que le président Erdogan devrait surtout y voir l’occasion de réparer un peu ses liens avec l’Europe. « Le parti au pouvoir aurait tort de se reposer sur ses lauriers s’il parvient à sortir de cette affaire sans sanctions. Il devrait peut-être y voir la dernière chance que l’Union européenne accorde à la Turquie », poursuit-il. L’ancien diplomate souhaite aussi un apaisement des relations avec la France, durement mises à l’épreuve par cette crise en Méditerranée.

Mais la flambée de violences entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh pourrait compliquer la donne : la Turquie, clairement engagée du côté de l’Azerbaïdjan, doit s’attendre à un rappel à l’ordre de Bruxelles qui souhaite à tout prix éviter une nouvelle guerre entre Bakou et Erevan.

► À lire aussi : La course aux hydrocarbures attise les tensions en Méditerranée


♦ Si l’Europe soutient Athènes dans cette dispute ancienne, le président turc Recep Tayyip Erdogan bénéficie quant à lui du soutien quasi-unanime de sa population, comme l’a constaté, à Istanbul, notre correspondante Anne Andlauer.

Il faut d'abord commencer par négocier.

Conflit en Méditerranée orientale: des Turcs approuvent l'apaisement

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