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Haut-Karabakh: l'ONU appelle à un «arrêt immédiat des combats»

Le Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
Le Conseil de sécurité de l'ONU à New York. Stephane LEMOUTON / POOL / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Alors que depuis dimanche, les forces de l’enclave séparatiste du Haut-Karabakh et celles de l’Azerbaïdjan s’affrontent dans les combats les plus meurtriers depuis 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé mardi soir à New York un « arrêt immédiat des combats ». Les diplomates sont conscients que c’est un énième terrain de confrontation entre la Turquie et la Russie, qui s’affrontent par procuration.

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L’escalade entre séparatistes du Haut-Karabakh et soldats d’Azerbaïjan inquiète d’autant le Conseil de sécurité qu’elle se déroule dans une région clé, traversée par des oléoducs essentiels à l’approvisionnement des marchés mondiaux du pétrole et du gaz, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

Moscou, qui a longtemps vendu des armes aux deux parties, a été invitée à encourager à stopper les combats, tandis qu’Ankara, qui soutient l’Azerbaïdjan, est soupçonnée d’avoir envoyé des mercenaires venus de Syrie. Mardi, la Turquie a même été accusée d'avoir abattu un avion de combat de l'armée de l'air arménienne, ce qu’elle a immédiatement démenti. 

►À lire aussi : Affrontements au Haut-Karabakh: une solution négociée est-elle encore possible?

Les diplomates du Conseil de sécurité savent que l’escalade peut aller très vite – ils l’ont vu à maintes reprises en Syrie ou en Libye. Ils ont alors décidé de réagir immédiatement dans une déclaration commune. « Les membres du Conseil de sécurité condamnent fermement l’usage de la force et regrettent la perte de vies humaines parmi la population civile, a affirmé l'ambassadeur du Niger, Abdou Abarry, président du Conseil de sécurité. Ils expriment leur soutien à l’appel lancé par le secrétaire général aux deux côtés pour arrêter immédiatement les combats, désamorcer les tensions et reprendre sans tarder des négociations constructives. »

Le Conseil a réaffirmé son « plein soutien » aux États-Unis, à la Russie et à la France, les coprésidents du Groupe de Minsk de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, (OSCE), et a promis de travailler en direct avec les diplomates d’Azerbaïdjan et d’Arménie à New York, si la situation ne s’améliorait pas.

Les combats se poursuivent

Mais pour le moment, les combats se poursuivent. Selon une déclaration ce matin du ministère arménien de la Défense, des échanges de tirs d’artillerie ont eu lieu tout au long de la ligne de contact. Erevan affirme en outre que deux drones ont été abattu dans la nuit au-dessus de Stepanakert, la principale ville du Haut-Karabakh, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

De leur côté les autorités azerbaidjanaises rapportent ce matin des bombardements sur la localité de Tartar à une dizaine de kilomètres de la ligne de contact. Cité par l’agence russe Interfax le ministère azerbaïdjanais de la Défense affirme que des bâtiments civils ont été détruits et qu’il y a des victimes.

Il n'y a aucune accalmie pour le moment, et la situation est d’autant plus préoccupante, que pour la première fois l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont mutuellement accusées d’avoir ouvert le feu sur des positions situées en dehors du Haut-Karabakh. Une propagation du conflit en dehors du territoire séparatiste aurait des implications diplomatiques majeures car l’Arménie pourrait alors demander à la Russie d’intervenir directement au nom de leur alliance militaire. Tant que le conflit est situé dans les limites du Haut-Karabakh, cette alliance entre Moscou et Erevan ne peut être déclenchée – le Haut Karabakh n’étant pas considéré comme faisant partie du territoire arménien. 

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