Royaume-Uni: des centres d’accueil offshore pour migrants?

Migrants à Douvres, dans le sud de l'Angleterre, le 11 août 2020.
Migrants à Douvres, dans le sud de l'Angleterre, le 11 août 2020. REUTERS/Peter Nicholls

Envoyer les demandeurs d’asile au milieu de l’océan Atlantique, en Océanie ou bien sur des ferrys reconvertis en centre de rétention ? Selon la presse britannique, le gouvernement de Boris Johnson réfléchirait très sérieusement à ces solutions pour limiter le nombre des réfugiés qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni. Des suggestions révélées à plusieurs journaux par différents ministères qui se renvoient désormais la balle face à une pluie de critiques.

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De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Tout a commencé mardi 29 septembre par d’incroyables révélations dans le très sérieux Financial Times. Selon le quotidien économique, la ministre de l’Intérieur Priti Patel a demandé à ses services de réfléchir à la construction de centres d’accueil pour demandeurs d’asile offshore, sur l’île de l’Ascension ou bien de Sainte-Hélène, deux dépendances de la couronne britannique situées à quelque 7 000 kilomètres des côtes anglaises.

Face au tollé, le Home Office a nié en bloc mais le lendemain le journal The Guardian a reçu à son tour des fuites indiquant que ces centres de rétention pourraient plutôt être situés en Moldavie, au Maroc ou bien carrément en Papouasie-Nouvelle-Guinée, cette fois à 15 000 km de Londres. Depuis les révélations pleuvent, toutes plus saugrenues les unes que les autres comme l’idée de générer des vagues dans la Manche et renvoyer ainsi les embarcations de fortune des réfugiés vers les côtes françaises. La dernière idée en date, annoncée par le Times est de reconvertir de vieux ferries en centres de rétention.

Autant de suggestions qui provoquent un vif émoi dans les rangs de l’opposition et l’embarras du gouvernement. Néanmoins, Downing Street ne cache pas chercher des solutions sur le modèle australien aussi controversé soit-il. En effet, Boris Johnson sait qu’il a l’opinion publique pour lui alors que 40% des Britanniques contre 35 soutiennent l’idée d’envoyer les réfugiés à l’autre bout de la planète.

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