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Haut-Karabakh: de Bakou à Erevan, guerre de communication et fièvre patriotique

Des soldats de l'armée de défense du Haut-Karabakh, sous tutelle arménienne, dans un camion vers Martakert, le 29 septembre 2020.
Des soldats de l'armée de défense du Haut-Karabakh, sous tutelle arménienne, dans un camion vers Martakert, le 29 septembre 2020. Narek Aleksanyan / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Cela fait cinq jours que le conflit gelé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan a repris à propos du Haut-Karabakh, ce minuscule territoire enclavé en Azerbaïdjan où vivent à peine un peu plus de 70 000 Arméniens. Une guerre sur le terrain encore indécise, avec échanges de tirs et d’obus. Une guerre de communication aussi. Impossible de se rendre en Azerbaïdjan, Bakou n’accepte quasiment aucun journaliste. En revanche, Erevan, qui a la tutelle sur le Haut-Karabagh, a fait le choix d'ouvrir largement ses portes à la presse internationale.

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Avec notre envoyée spéciale à Erevan, Anissa El Jabri

Sur la route étroite, qui serpente entre les sommets verts et embrumés du Haut-Karabakh, circule chaque jour au moins un bus affrété par le ministère arménien des Affaires étrangères. Un véhicule dédié à la presse qui afflue d'Europe, du Moyen-Orient ou des États-Unis. Dans ce conflit, l'Arménie veut montrer l’image d’un pays ouvert et accueillant.

Cela n'empêche pas la communication gouvernementale de déclarer avoir trouvé dans les poches des uniformes des soldats morts du camp d’en face de petites doses de drogue. Des propos invérifiables. Bakou aurait aussi – c'est ce que disent les porte-parole de l'armée arménienne – délibérément visé les journalistes blessés ce jeudi par des éclats de roquettes. Tous deux vont mieux, leur état est stabilisé et leur évacuation en cours d'organisation.

Guerre de communication, guerre tout court sur le terrain. Côté arménien, ils sont nombreux à être très jeunes parmi ceux qui meurent ces premiers jours. Dix-huit ans, vingt ans. Blessés très sérieusement aussi. En six heures de route, on comptait ce jeudi une dizaine d'ambulance de retour vers la capitale. Sur ce même trajet, via le Haut-Karabakh, circulaient aussi, imperturbables, de gros camions venus d'Iran, chargés pour les marchés d'Erevan de carottes, de pois chiches et d'épices.

« Restauration de notre souveraineté »

Qu'en est-il en Azerbaïdjan ? À Bakou, la capitale, une grande partie de la population soutient l’effort militaire, espérant récupérer par les armes le territoire perdu dans les années 1990. « En ce moment à Bakou, en signe de solidarité, il y a des drapeaux de l’Azerbaïdjan partout sur les immeubles, sur les voitures, témoigne Rizvan Gusseinov, un habitant de la capitale, joint par Daniel Vallot, notre correspondant à Moscou. Les gens sont solidaires : ils se regroupent pour aider l’armée, pour envoyer des cigarettes, des vêtements. Même si ce n’est pas nécessaire, c’est un symbole du soutien populaire. »

La responsabilité du conflit ne fait aucun doute pour Rizvan Gusseinov. « À nos yeux, cette guerre est malheureusement nécessaire, car c’est l’Arménie et Nikol Pachinian qui ont fait échouer les négociations de paix. Et maintenant, seule une intervention militaire peut les contraindre à revenir à la table des négociations. »

Quel en est l'objectif final ? « Vous savez, poursuit-il, le Haut-Karabakh est une région très importante pour nous. N’oublions pas les centaines de milliers de personnes qui ont tout perdu au moment de la guerre, dans les années 1990. C’est cela l’objectif de notre pays aujourd’hui : le retour de tous ces réfugiés dans leurs villages et la restauration de notre souveraineté sur le territoire du Haut-Karabakh. »

À lire aussi : Karabakh: Macron réclame «des explications» à la Turquie sur la présence de jihadistes

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