Haut-Karabakh: les combats s'intensifient, l'Azerbaïdjan réclame le retrait arménien

L'artillerie arménienne attaque des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh, le 4 octobre 2020.
L'artillerie arménienne attaque des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh, le 4 octobre 2020. Armenian Defense Ministry via AP
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Au huitième jour de la reprise des hostilités dans le Haut-Karabakh, les combats se sont encore intensifiés ce dimanche 4 octobre dans cette enclave indépendantiste d'Azerbaïdjan. 

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avec nos envoyés spéciaux, Anissa El Jabri, Régis Genté et Bertrand Haeckler

Ilham Aliev n'a « qu'une seule condition » pour un cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh. Les forces armées arméniennes « doivent quitter nos territoires », a lancé le président azerbaïdjanais dans une allocution télévisée, en demandant que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian « s'excuse devant le peuple azerbaïdjanais ». « Qu'il dise "je vais retirer mes troupes des territoires occupés" [...]. Qu'il dise que le Karabakh, ce n'est pas l'Arménie. » 

Ilham Aliev a réclamé que Nikol Pachinian définisse un « plan précis » de retrait arménien de la région. « Dans ce cas, nous allons restaurer le régime du cessez-le-feu », a promis le président azerbaïdjanais, en insistant que son pays était en train de rétablir « la justice historique ».

Le Haut-Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une guerre au début des années 1990 qui a fait 30 000 morts. Le front y est quasiment gelé depuis malgré des heurts réguliers. Mais depuis la reprise du conflit il y a une semaine, les combats ne cessent de s'intensifier, faisant craindre une guerre ouverte entre les deux pays.

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Nouvelles frappes sur Stepanakert

Cette escalade s'est encore poursuivie ce dimanche. Pire, le périmètre des hostilités s'est dangereusement étendu. Dès 7h du matin, Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, s'est retrouvée sous le feu de l'artillerie azerbaïdjanaise. Les tirs ont atteint autant des cibles militaires que des logements civils, forçant la population à s'abriter dans les sous-sol.

Ces derniers jours, la ville a essuyé de nombreux bombardements de ce type. Depuis la nuit de samedi à dimanche, Stepanakert est privée d'électricité. Selon le ministère local des Affaires étrangères, les forces azerbaïdjanaises ont « visé le bâtiment du réseau électrique » la nuit passée. En centre-ville, les destructions restaient cependant limitées, avant que les frappes ne reprennent dimanche matin.

La bourgade de Chouchi, à quelques kilomètres de là, a également été visée. Un projectile s'est abattu sur un centre culturel où s'étaient abritées plusieurs dizaines de personnes, dont des enfants. Au moins quatre personnes ont été tuées.

Dans l'église de Chouchi: "les gens sont pacifiques, personne ne veut la guerre mais puisqu'ils ont commencé nous allons leur montrer de quoi nous sommes capables". Reportage de nos envoyés spéciaux Anissa El Jabri et Bertrand Haeckler

L'Azerbaïdjan a expliqué avoir répliqué à l'attaque arménienne sur la deuxième ville du pays, Gandja, ou du moins sur son aéroport. Bakou affirme que de nombreuses victimes civiles sont à déplorer dans cette attaque, mais aussi dans d'autres villes du pays plus proches de la ligne de front.

Comme dans tout affrontement, il y a la guerre armée et la guerre d’informations. De part et d'autre du front, chaque camp crie victoire et nie systématiquement les accusations d’exactions pesant sur lui, tout en se rejetant sur la partie adverse la responsabilité du conflit.

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