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Reportage

Haut-Karabakh: des habitants de Stepanakert racontent leur fuite vers l'Arménie

Des réfugiés de la région du Haut-Karabakh à Dilijan, à environ 120 km d'Erevan, le 8 octobre 2020.
Des réfugiés de la région du Haut-Karabakh à Dilijan, à environ 120 km d'Erevan, le 8 octobre 2020. AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

C'est un drame humanitaire. Les déplacés et réfugiés des combats au Haut-Karabakh sont de plus en plus nombreux. 90% sont des femmes et des enfants accueillis le plus souvent en Arménie, près de la frontière mais aussi à plus de 300 kilomètres de routes montagneuses, à Erevan. Reportage.

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Avec notre envoyée spéciale à Erevan,  Anissa El Jabri

Des arbres sur de petites buttes, des escaliers en pierre, des jardins en terrasse. On est ici à Kond, le plus ancien quartier d’Erevan. S'ouvre dans une allée la porte d'un immeuble de trois étages. La propriétaire vit au deuxième, tout le reste, rez-de-chaussée compris, est dédié à l'accueil de six familles venues de Stepanakert : 20 personnes. Du bébé de 4 mois au grand-père de 90 ans.

Dès les premiers jours du conflit, Jasmine Revontyan, Arménienne réfugiée d'Azerbaïdjan, il y a des années déjà, s'est portée volontaire pour l'accueil : « Vous savez, nous on est déjà passés par là, c’est une douleur pour tout le monde. Ce est pas seulement la cause ou le destin d'une seule personne. Chacun de nos fils qui se bat sur le front, qu'on le connaisse ou pas, c’est notre enfant. Chaque personne contrainte de fuir Stepanakert est des nôtres, une partie de nous mêmes. »

Pour ceux qui ont du partir, pas le choix, il faut prendre la première voiture, le premier convoi qui passe. Les enfants surtout, les premiers qu'on veut protéger. Naira Mesropian se souvient : « Un jour avant  notre départ à nous les adultes, des bénévoles ont emmené les enfants à Erevan Ce n'est pas nous qui avons choisi de venir ici.  »

Et quand on lui demande ce qu'elle aurait fait si elle avait eu le choix, elle répond : « Quand on est arrivés ici je me suis dit très vite que j'allais retourner au Haut-Karabakh dans un village plus calme près de la frontière où mon fils habite. Je pense toujours à y retourner et j'irai même jusqu’ à Stepanakert si la situation s'améliore un peu. »

► À lire aussi : Haut-Karabakh: nouvelles frappes sur Stepanakert et riposte arménienne en Azerbaïdjan

Les voisins de cette famille qui vit au centre de Stepanakert sont restés terrés dans une cave. Selon les autorités du Haut-Karabakh, un habitant sur deux a désormais quitté le territoire.

Le Haut-Karabakh est peuplé d'environ 140 000 habitants, dont 99% d'Arméniens. Les autorités locales et l'Arménie accusent l'Azerbaïdjan, depuis la reprise des hostilités le 27 septembre, de viser les civils, en particulier à Stepanakert, la capitale, peuplée d'ordinaire de 50 0000 personnes. La ville est la cible de tirs répétés de roquettes – plus particulièrement depuis vendredi 2 octobre –, ayant forcé la majorité de la population à la fuite et ceux qui sont restés à se terrer dans les caves.

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