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Haut-Karabakh: tirs d'obus sur Stepanakert, bombardements arméniens à Gandja

Malgré le cessez-le-feu au Haut-Karabakh, sa capitale, Stepanakert, a subi des bombardements le 10 octobre 2020.
Malgré le cessez-le-feu au Haut-Karabakh, sa capitale, Stepanakert, a subi des bombardements le 10 octobre 2020. ARIS MESSINIS / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Stepanakert, la capitale régionale du Haut-Karabakh sous contrôle des séparatistes arméniens, a été la cible de bombardements, tandis que Gandja, deuxième ville d'Azerbaïdjan subissait des frappes arméniennes qui ont fait sept morts dans la nuit selon des sources officielles azerbaïdjanaises. Pourtant un cessez-le-feu négocié à Moscou était entré en vigueur après deux semaines de combats intenses. L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont mutuellement accusés de le violer.

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La trêve est très fragile, souligne notre envoyé spécial à Stepanakert, Régis Genté. Entre 10 et 15 obus ont touché la capitale du Haut-Karabakh dans la nuit, ce samedi soir et ce dimanche vers 2 heures du matin, probablement pas directement au centre, mais sur les extérieurs de la ville. Mais c'est déjà une violation du cessez-le-feu.

Ce dimanche matin, Stepanakert est quasiment vide. Les habitants qui sont restés sont terrés chez eux, soit la moitié de cette ville de 55 000 âmes. Certains quartiers ont été fortement touchés ces derniers jours, avec des immeubles complètement ravagés et un cratère par exemple probablement atteint par une bombe très lourde, peut-etre de 500 kg et qui a fait beaucoup de dégats autour d'elle.

Dans une conférence de presse à Stepanakert, Araïk Haroutiounian, le dirigeant arménien du territoire séparatiste du Haut-Karabakh a estimé ce dimanche que la situation était « plus calme » que la veille sur le front opposant ses forces à celles de l'Azerbaïdjan, au deuxième jour de la trêve. « Hier [samedi] nous l'avons tous constaté, il n'y avait pas de cessez-le-feu. Il semble que depuis ce matin, c'est plus calme, mais cela peut changer très vite », a-t-il déclaré, pull kaki militaire sur pantalon de treillis.

Bombardements arméniens

Par ailleurs, ce dimanche, sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans des bombardements sur la ville azerbaïdjanaise de Gandja, a indiqué la diplomatie azerbaïdjanaise, accusant les forces arméniennes, malgré la trêve humanitaire censée être en vigueur dans le conflit du Haut-Karabakh.

Le ministère de la Défense du Haut-Karabakh a ensuite démenti avoir bombardé Gandja. « C'est un mensonge absolu », a-t-il déclaré, assurant « respecter l'accord de cessez-le-feu humanitaire ».

Déjà ce samedi après midi, l'heure de la mise en œuvre du cessez-le-feu négocié de haute lutte à Moscou vendredi, la ligne de contact, a connu beaucoup de tensions, notamment autour de la petite ville de Hadrout. Le ministère arménien de la Défense avait alors accusé les forces azerbaïdjanaises d'avoir « lancé une attaque à 12h05 ». « L'Arménie viole de manière flagrante le cessez-le-feu », avait répliqué l'armée azerbaïdjanaise, accusant plus tard les forces arméniennes d'avoir lancé une offensive, repoussée.

Trêve confirmée, selon Moscou, mais « temporaire »

« Les parties ont réaffirmé leur attachement à l'accord de cessez-le-feu », avait insisté dans la soirée Moscou dans un communiqué, ajoutant que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'était entretenu au téléphone avec ses deux homologues.

Ce cessez-le-feu doit permettre d'échanger des prisonniers de guerre et les corps de victimes. « Tant que des tirs se poursuivent, il n'y aura pas d'échanges de prisonniers », a cependant souligné le Araïk Haroutiounian, le dirigeant du Haut-Karabakh.

Selon un haut responsable azerbaïdjanais, le calme n'était que « temporaire » : « c'est un cessez-le-feu humanitaire pour échanger les corps et les prisonniers, ce n'est pas un (véritable) cessez-le-feu », a-t-il indiqué, affirmant que Bakou n'avait « pas l'intention de reculer ».

À l'annonce de la trêve, le ministre russe Sergueï Lavrov avait affirmé que les deux camps s'étaient engagés « à des négociations substantielles pour parvenir rapidement à un règlement pacifique » du conflit, avec la médiation des trois co-présidents (France, Russie, États-Unis) du groupe de Minsk de l'OSCE.

Ce samedi, le président français Emmanuel Macron s'est entretenu par téléphone avec les Premiers ministres de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie. Il a appelé à l'arrêt total des combats.Ces négociations devront « reprendre sans préconditions », a insisté la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

À écouter : Conflit du Karabakh: des enjeux énergétiques en filigrane

La crainte est de voir ce conflit s'internationaliser, Ankara encourageant Bakou à l'offensive et Moscou étant lié par un traité militaire à Erevan. La Turquie est en outre accusée d'avoir envoyé des combattants pro-turcs de Syrie se battre aux côtés des Azerbaïdjanais, ce que Bakou nie.

Le Haut-Karabakh, un territoire majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan après une guerre qui a tué 30 000 personnes dans les années 1990. Bakou accuse depuis Erevan d'occuper son territoire, et les accès de violence sont réguliers.

Les combats qui opposent depuis le 27 septembre les troupes du Haut-Karabakh, soutenues par Erevan, et les forces azerbaïdjanaises sont les plus meurtriers avec plus de 450 morts confirmés, dont une cinquantaine de civils. Un bilan qui pourrait être en réalité bien plus lourd.

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