Accéder au contenu principal

Turquie: une pièce en langue kurde jouée pour la première fois dans un théâtre municipal

La troupe Teatra Jiyana Nû (Théâtre de la vie nouvelle) présente ce mardi 13 septembre une pièce de l’écrivain italien Dario Fo qui sera jouée en kurde. C'est une première au théâtre municipal d'Istanbul.
La troupe Teatra Jiyana Nû (Théâtre de la vie nouvelle) présente ce mardi 13 septembre une pièce de l’écrivain italien Dario Fo qui sera jouée en kurde. C'est une première au théâtre municipal d'Istanbul. ©Troupe Teatra Jiyana Nû
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Ce mardi 13 octobre, en Turquie, le théâtre municipal d’Istanbul accueille une grande première. Une pièce en langue kurde sera jouée sur ses planches. La troupe Teatra Jiyana Nû (Théâtre de la vie nouvelle) présente une pièce de l’écrivain italien Dario Fo. Connue en français sous le titre Klaxon, trompettes... et pétarades, la pièce s’appelle tout simplement Bêrû, « Sans visage » en kurde. 

Publicité

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Ces deux dernières années, Teatra Jiyana Nû, précurseur du théâtre kurde en Turquie, a joué sa pièce Bêrû une bonne centaine de fois. Mais jusqu’ici, elle n’avait jamais joué pour un théâtre municipal. Aucune troupe kurde, d’ailleurs, n’avait jamais été programmée par une mairie turque. Trop polémique, dans un pays où la langue kurde – celle de millions de personnes, pourtant – n’est toujours pas la bienvenue dans l’espace public.

La comédienne Rugeş Kirici est à la fois enthousiaste et prudente. « L’important, c’est de savoir si ça se reproduira ou pas. Nous ne savons pas encore si c’est seulement un geste symbolique, nous ne savons pas si les scènes des théâtres municipaux seront ouvertes aux troupes kurdes à l’avenir… Nous rencontrons tous, sans exception, d’immenses difficultés », explique-t-elle.

C’est donc la ville d’Istanbul, dirigée depuis l’an dernier par un maire d’opposition, qui a sollicité cette troupe et d’autres troupes privées, officiellement pour les aider en cette période de pandémie.

Mais en faisant jouer une pièce en kurde, elle accomplit aussi un geste politique, qui n’a pas plu à tout le monde. Rugeş et ses collègues ont été victimes d’une violente campagne de dénigrement dans la presse proche du pouvoir, qui est allée jusqu’à accuser la mairie de faire monter sur scène des membres du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan.

« Nous avons été délibérément pris pour cible et criminalisés, déplore Rugeş Kirici. Ces réactions témoignent d’une intolérance totale à l’égard de la langue kurde, mais il s’agit aussi d’une méthode pour attaquer la mairie d’Istanbul. »

Pour l’instant, cette dernière n’a prévu qu’une seule représentation de la pièce Bêrû.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.