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Chypre-Nord: victoire surprise du protégé d'Ankara face au «président» sortant

Ersin Tatar célèbre sa victoire électorale dans le nord de Nicosie, à Chypre, le 18 octobre 2020.
Ersin Tatar célèbre sa victoire électorale dans le nord de Nicosie, à Chypre, le 18 octobre 2020. REUTERS/Harun Ucar
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Déjouant les pronostics, le candidat nationaliste Ersin Tatar, soutenu par la Turquie, a été élu dimanche « président » de l'autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTNC), un succès pour Ankara dans un contexte de vives tensions autour de ses projets en Méditerranée orientale.

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Avec 51,74% des voix, M. Tatar supplante Mustafa Akinci, dirigeant sortant en froid avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et partisan d'une réunification de l'île méditerranéenne sous la forme d'un Etat fédéral, augurant un changement radical des relations avec la partie sud de l'île.

Le soutien du candidat arrivé troisième au premier tour le 11 octobre n'a pas permis au social-démocrate de l'emporter. Une demande de recompte des bulletins de vote par le camp de M. Akinci, qui a plusieurs fois dénoncé l'ingérence de la Turquie dans l'élection, n'est pas à exclure.

Des supporters de M. Tatar sur le balcon du siège de son parti, surplombant la place où étaient diffusés les résultats, célébraient leur victoire à grand renfort de musique vantant les mérites de leur champion et brandissant des drapeaux turcs.

Ankara a très rapidement salué « chaleureusement » la victoire de son protégé.

La participation s'est élevée à 67,30%, soit trois points de plus qu'en 2015, malgré la pandémie de Covid-19. Quelque 199 000 personnes étaient appelées à voter sur plus de 300 000 habitants.

L'élection s'est déroulée dans un contexte de vives tensions autour de l'exploitation d'hydrocarbures en Méditerranée orientale entre Ankara et Athènes, principale alliée de la République de Chypre --membre de l'Union européenne depuis 2004-- qui exerce son autorité sur les deux tiers sud de l'île.

Après des forages réalisés au large de Chypre-Nord, le renvoi cette semaine d'un navire turc d'exploration dans des eaux revendiquées par la Grèce a réveillé la discorde et a entraîné une condamnation par les dirigeants de l'UE des « provocations » de la Turquie.

Social-démocrate de 72 ans, M. Akinci défend la réunification de Chypre sous la forme d'un Etat fédéral et n'a jamais caché son intention de desserrer les liens avec Ankara. M. Tatar, 60 ans, défend une solution à deux Etats.

Après avoir voté, M. Akinci avait dit espérer que les Chypriotes-turcs se souviendraient de cette élection « comme d'une célébration de la volonté du peuple » tandis que son rival avait souligné l'importance d'entretenir de bonnes relations avec la Turquie.

(Avec AFP)

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