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Covid-19 au Royaume-Uni: le gouvernement débloque des aides aux entreprises

Le chancelier de l'Échiquier britannique Rishi Sunak, lors d'un point sur l'évolution du Covid-19, à Londres le 12 octobre 2020.
Le chancelier de l'Échiquier britannique Rishi Sunak, lors d'un point sur l'évolution du Covid-19, à Londres le 12 octobre 2020. Toby Melville/Pool Photo via AP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Grande-Bretagne est le pays de l'Europe le plus endeuillé par l'épidémie du coronavirus avec 44 000 morts. Ce jeudi 22 octobre, le chancelier de l’Échiquier, Rishi Sunak, a présenté devant le Parlement britannique de nouvelles aides destinées aux entreprises. Une série de mesures censées éviter les faillites.

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Avec Agnieszka Kumor, du service Économie de RFI et notre envoyée spéciale à Liverpool, Muriel Delcroix

Après plusieurs jours de critiques accusant le gouvernement britannique de ne pas aider suffisamment les régions défavorisées, le pouvoir conservateur s'est résolu à renforcer ses aides aux entreprises les plus durement touchées par les restrictions imposées pour lutter contre le virus.

Désormais, l’exécutif britannique ouvre le dispositif aux établissements situés dans les zones d’alerte élevée et vise en priorité les pubs et les restaurants comme à Londres et Birmingham. Jusqu’à présent, seuls les établissement situés en zone d’alerte très élevée pouvaient bénéficier des aides gouvernementales.

Chômage partiel et dette publique

Un nouveau mécanisme de chômage partiel viendra remplacer pour six mois le dispositif actuel. La principale mesure de ce plan prévoit que les entreprises ne contribuent qu'à hauteur de 5 % au paiement des heures non travaillées. De plus, les conditions d'éligibilité à cette aide ont été assouplies.

Un effort important pour le gouvernement qui rappelle que toutes ces mesures sont très coûteuses. La dette publique britannique est située actuellement à 103,5 % du PIB. Le ratio le plus élevé depuis les années 1960.

Sentiment d'injustice au Nord

Cependant, ces nouvelles mesures suffiront-elles à soulager les régions durement touchées par l'épidémie ? Après un bras de fer très médiatisé, Manchester est finalement passée de force ce vendredi 23 octobre en zone d’alerte maximale au coronavirus. Son maire Andy Burnham, qui menait la fronde contre le pouvoir central, a perdu son combat et sa région rejoint ses voisines du Nord-Ouest comme le Lancashire et Liverpool déjà en niveau très élevé depuis plus d’une semaine.

Mais ces restrictions très sévères suscitent de nombreuses critiques et un sentiment d'injustice de la part des commerçants qui dénoncent une différence de traitement entre le Nord et le Sud. À Liverpool, les habitants ne reconnaissent pas leur ville, où les rues sont désertées et nombre de magasins ne lèvent plus leur rideau de fer.

« Je suis tellement désolée pour tous ces commerçants qui font tout ce qu’ils peuvent mais qui n’ont plus de clients, c’est triste », déplore une mère accompagnée de sa ville, qui ajoute : « Je n’ai jamais vu la ville si tranquille, c’est vraiment inquiétant… »

« Beaucoup d'incohérence »

La gestion très localisée choisie par le gouvernement de Boris Johnson pour endiguer la résurgence du virus génère de fortes tensions entre Londres et les collectivités locales. Surtout dans le Nord du pays où une grande proportion de la population est défavorisée. « Pour moi, beaucoup de ces restrictions n’ont aucun sens, déplore une jeune femme. Il y a beaucoup d’incohérence, des messages contradictoires. Le gouvernement communique très mal et aurait pu mieux gérer la situation. »

Les régions du Nord se sentent-elles laissées pour compte ? « On est habitués à être moins bien traités ! répond un habitant. Londres est le centre de l’univers. Pour beaucoup, il n’y a pas de vie intelligente en dehors de Londres ! Et puis cette ville ne votera jamais conservateur et ils le savent, donc Liverpool, ils s’en fichent. »

Avec des hôpitaux qui traitent désormais plus de patients infectés que lors de la première vague, Liverpool reconnaît qu’il fallait agir mais aurait préféré un vrai confinement national de 2 ou 3 semaines et soupçonne le gouvernement d’avoir imposé des restrictions locales avec des compensations financières moins coûteuses.

À écouter : Royaume-Uni: à Liverpool, de nouvelles mesures contre la seconde vague de Covid-19

Manchester en temps de Covid-19, le 23 octobre 2020.
Manchester en temps de Covid-19, le 23 octobre 2020. REUTERS/Phil Noble

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