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Le traité de l’ONU interdisant les armes nucléaires va pouvoir entrer en vigueur

Les principales puissances nucléaires n'ont toutefois pas signé le traité d'interdiction de l'ONU. Ici, le site nucléaire de Sellafield, près de Whitehaven, au Royaume-Uni, le 23 février 2017
Les principales puissances nucléaires n'ont toutefois pas signé le traité d'interdiction de l'ONU. Ici, le site nucléaire de Sellafield, près de Whitehaven, au Royaume-Uni, le 23 février 2017 REUTERS/Phil Noble
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le traité international interdisant les armes nucléaires a été ratifié par un cinquantième pays, a annoncé samedi 24 octobre l'ONU, ce qui va permettre l'entrée en vigueur dans 90 jours de ce texte que ses promoteurs jugent historique. Approuvée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2017, le texte n’a toutefois pas été signé par les principales puissances nucléaires.

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Bien que le traité n'ait pas été signé par les principaux détenteurs de l'arme atomique, les militants pro-abolition espèrent que son entrée en vigueur sera plus que symbolique. Il était nécessaire qu’un cinquantième pays le ratifie pour qu’il puisse entrer en vigueur, ce qu’a fait le Honduras.

Le secrétaire général de l’organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a célébré l'événement. C'est « la culmination d'un mouvement mondial pour attirer l'attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de tout usage des armes nucléaires », selon un communiqué de son porte-parole. « Cela représente un engagement important vers l'élimination totale des armes nucléaires, qui reste la plus haute priorité des Nations unies en matière de désarmement », ajoute le communiqué.

Des organisations non gouvernementales ont elles aussi salué l'événement, notamment la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN). Cette ONG qui a obtenu en 2017 le prix Nobel de la paix pour son rôle dans l'élaboration du traité a salué un progrès « historique ».

« Aujourd'hui, c'est une victoire pour l'humanité et la promesse d'un futur plus sûr », a déclaré dans un communiqué Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Interdiction d’utilisation, développement, essais, stockage ou menace d’utilisation

Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires prohibe l'utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d'utilisation de telles armes. Il avait été approuvé par l'Assemblée générale des Nations unies en juillet 2017 avec le soutien de 122 pays. Et il a désormais été signé par 84 pays.

Parmi ceux qui l'ont ratifié récemment figurent le Nigeria, la Malaisie, l'Irlande, Malte, Tuvalu. Après la cinquantième ratification, celle du Honduras, le traité doit entrer en vigueur le 22 janvier 2021, a annoncé l'ONU.

Pas de signature de Washington, Paris, Londres, Moscou ou Pékin

Mais les principaux pays possédant l'arme nucléaire, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie, ne l'ont pas signé.

Les militants pro-abolition espèrent que sa ratification aura le même impact que les traités internationaux précédents interdisant les mines terrestres et les armes à sous-munitions : stigmatiser la possession et l'utilisation des armes nucléaires, ce qui pourrait conduire à un changement de comportement, même de la part des pays non-signataires.

Des armes de dissuasion, défendent les États dotés de l’atome

Les États dotés d'armes nucléaires soutiennent pour leur part que leurs arsenaux servent de dissuasion et se disent attachés au Traité de non-prolifération, qui vise à empêcher la dissémination à d'autres pays des armes nucléaires.

« Trop de gens acceptent les armes nucléaires comme des composantes inévitables de l'architecture internationale de sécurité », a dit Peter Maurer. « Le traité d'interdiction des armes nucléaires nous permet d'imaginer un monde libéré de ces armes inhumaines comme un but atteignable », a-t-il ajouté.

« Avec ce succès, nous avons fait un pas important vers notre objectif d'un monde sans armes atomiques », a écrit sur Twitter le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, rappelant le « rôle décisif » de son pays aux côtés d'autres nations pour défendre ce texte.

Un seul traité russo-américain anti-nucléaire en vigueur

Cette étape, pour l'instant extrêmement symbolique, s'inscrit dans un contexte de fortes tensions sur la question du désarmement.

Le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) signé en 1987 entre Washington et Moscou, qui avait entraîné la destruction d'environ 2 700 missiles d'une portée de 500 à 5 500 kilomètres, est de facto mort depuis 2019, au grand dam des Européens. Le président Donald Trump en avait retiré les États-Unis après avoir accusé la Russie de ne pas le respecter.

Depuis, le traité américano-russe New Start conclu en 2010, qui arrive à expiration début 2021, est considéré comme le dernier accord nucléaire encore en vigueur, contenant les arsenaux des deux pays en dessous de leurs sommets de la Guerre froide.

Les deux pays viennent de s'entendre sur le principe d'une prolongation d'un an, le temps de régler les questions de fond.

►À lire aussi : [Analyse] La lente érosion des accords de contrôle des armements

(Avec AFP)

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