Covid-19: en Italie, des manifestations contre les nouvelles mesures de restrictions

Après Naples, dans toutes les grandes villes d’Italie la colère s'intensifie contre les nouvelles mesures qui obligent les bars et les restaurants à ne plus servir de clients à table dès 18h. Ici, à Turin le 26 octobre.
Après Naples, dans toutes les grandes villes d’Italie la colère s'intensifie contre les nouvelles mesures qui obligent les bars et les restaurants à ne plus servir de clients à table dès 18h. Ici, à Turin le 26 octobre. Claudio Furlan/LaPresse via AP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Après Naples, dans toutes les grandes villes d’Italie la colère s'intensifie contre les nouvelles mesures qui obligent les bars et les restaurants à ne plus servir de clients à table dès 18h. Toutes les activités culturelles et sportives sont pratiquement suspendues. Au cours des manifestations de la nuit dernière, selon les médias, une trentaine d'interpellations ont été effectuées par les forces de l’ordre, dont celles de 13 mineurs à Milan et de 5 adultes « ultras » à Turin.

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En Italie, de nouvelles manifestations ont eu lieu ce mardi 27 octobre dans le sud du pays et d’autres encore sont prévues pour mercredi, notamment à Rome.

Déçus par le gouvernement qui semble naviguer à vue dans sa lutte contre la propagation du coronavirus, par milliers les Italiens descendent dans les rues et expriment leur sentiment d’exaspération, scandant ces slogans: « Laissez-nous travailler. Liberté, Liberté ! » Parfois, ils passent à la violence. Comme à Turin où des boutiques de luxe ont été saccagées et à Milan où des tramways ont été vandalisés.

Il faut toutefois préciser que ce sont des jeunes, et moins jeunes, d’extrême droite, ou des activistes, provenant des centres sociaux autogérés, qui sont à l’origine des violences et non pas tous les manifestants. Ceux-ci sont alors dispersés par la police anti-émeute, à coup de gaz lacrymogènes, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Mais le gouvernement n’en redoute pas moins une bombe sociale et des aides financières plus consistantes, pour les secteurs en difficulté, seront versées au plus tard le 15 novembre selon les promesses du ministre de l’Économie, Roberto Gualtieri. Le gouvernement a débloqué plus de cinq milliards d'euros pour pour rassurer les professions en difficulté.

À lire : Covid-19: face à un nombre record de contaminations, l'Italie renforce ses restrictions

Le calme règne à Milan, après les heurts dans les manifestations

À Milan, des manifestations contre ces nouvelles mesures pour tenter d’endiguer l’épidémie de coronavirus ont aussi eu lieu lundi 26 octobre.

Interpellée à propos des incidents en marge des manifestations, Auria met aussi en cause les autorités : « Je pense qu’ils s’en fichent pas mal de ce qui nous arrive. Selon moi, les manifestations sont positives, car elles montrent qu'on existe, parce qu’ils ne savent pas que nous on est là. Ils disent que oui, mais ce n'est pas vrai. Mais, casser les vitrines… ça non ! ».

Dans son quartier de Navigli, habituellement festif et grouillant de monde, c’est l’ambiance désertique qui règne, avant même le début du couvre-feu à 22h. Sur le bord d’un canal, les vitrines encore allumée sont rares : quelques restaurants qui proposent leurs plats à emporter, ou la boutique de Sami Zayed qui vend de la nourriture à manger sur le pouce, rapporte notre envoyée spéciale à Milan, Pauline Gleize.

« Si les bars ferment à 18h, les gens ne viennent pas. Je suis en colère parce qu’il n’y a pas de travail, c’est tout. Mais, en colère contre qui ??? Ce virus, il est dans le monde entier », regrette le restaurateur.

« Beaucoup de restaurants ont fermé »

La seule ambiance vaguement festive… émane du téléphone d’Alex, un livreur à vélo. Et même si les Milanais restent davantage chez eux, les mesures sanitaires ne font pas ses affaires : « On travaille moins, car on est nombreux à travailler, mais beaucoup de restaurants ont fermé. Mais peut-être que comme ça dans deux semaines les cas vont baisser. »

Selon Alex, beaucoup de ses collègues arrêtent de travailler tôt. D’ailleurs, dès 21h30, les vélos s’entassaient déjà dans un train arrêté dans la gare toute proche.

REPORTAGE: À Milan, les commerçants dans des quartiers déserts affichent leur agacement

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