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Reportage

Avec le cessez-le-feu, des Arméniens de retour au Haut-Karabakh pour vider leur maison

Des soldats arméniens traversent la frontière entre le Haut-Karabakh et l'Arménie, près de Vardenis, le 8 novembre 2020.
Des soldats arméniens traversent la frontière entre le Haut-Karabakh et l'Arménie, près de Vardenis, le 8 novembre 2020. AP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Après l'accord signé entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie mardi sous l’égide de la Russie pour mettre fin à six semaines de combats meurtriers dans le Haut-Karabakh, les Arméniens ont manifesté mercredi par milliers à Erevan pour dénoncer l’attitude de leur Premier ministre, Nikol Pachinian, qu’ils accusent de trahison. Le cessez-le-feu, lui, semble en tout cas toujours tenir.

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Avec notre envoyé spécial à Vardenis, Régis Genté

Le cessez-le-feu tient toujours depuis mardi 1h du matin lorsqu'il est entré en vigueur. Aussitôt, les forces d’interposition russes ont investi la région du Haut-Karabakh et les sept districts, ou en tout cas une partie des sept districts, qui se trouvent occupés par l’Arménie depuis près de trente ans autour du Haut-Karabakh.

Ce qui a surpris beaucoup les observateurs depuis mercredi, c’est la rapidité avec laquelle non seulement la Russie a investi physiquement, avec près de 2 000 hommes, la région du Haut-Karabakh et ses sept districts, mais surtout avec laquelle elle est parvenue à proposer des cartes, à expliquer comment elle va organiser sa force de paix, sa force d’interposition, en montrant précisément les endroits où elle allait patrouiller, les endroits où il y aurait des postes d’observation.

Vardenis se trouve près du district de Kelbadjar, un de ces sept districts où la population va devoir partir, puisque ce district doit être rendu le 15, dans trois jours, à l’Azerbaïdjan. Compte tenu des propos assez menaçants du président azerbaïdjanais qui, d’un côté, a certes dit qu’il voulait que les communautés azerbaïdjanaises et arméniennes cohabitent, mais, de l’autre, a parlé de « chiens » en parlant des Arméniens, beaucoup rentrent en effet dans la région pour vider leur maison, et la vider sans doute à tout jamais.


■ Les jeunes toujours derrière Nikol Pachinian

On a beaucoup entendu la colère des Arméniens opposés à la fin de la guerre au Haut-Karabakh, souvent des vétérans de la guerre d’indépendance du territoire, des anciens soldats persuadés qu'ils auraient pu inverser le cours de la guerre. La génération Pachinian, elle, ne s’est pas encore fait entendre. Ils ont entre 20 et 40 ans, ils ont fait des études, ils ont voyagé. Ils sont les premiers, il y a deux ans et demi, à être sortis dans la rue pour la révolution de velours contre la corruption et les oligarques. Une révolution qui a porté au pouvoir Nikol Pachinian. Après la fin de la guerre, ils soutiennent encore leur Premier ministre. 

Choqué, blessé, mais une part de soulagement parce que la guerre s’est arrêtée, et ça évitait de nombreux morts.

La génération Pachinian

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