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Haut-Karabakh: le ministre arménien de la Défense démissionne, Pachinian affaibli

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian devant l'Assemblée nationale à Erevan, le 16 novembre 2020.
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian devant l'Assemblée nationale à Erevan, le 16 novembre 2020. AP - Tigran Mehrabyan
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Cette démission, ce vendredi 20 novembre, intervient alors que l'Azerbaïdjan a récupéré le contrôle du district d'Aghdam, cédé par les séparatistes arméniens du Haut-Karabakh, au terme d'un accord de fin des hostilités sous patronage russe qui a mis fin à six semaines de guerre.

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Le ministre arménien de la Défense, Davit Tonoyan, a présenté sa démission, rapporte ce vendredi le quotidien Aravot, dix jours après la signature d'un cessez-le-feu au Haut-Karabakh qui a consacré la victoire de l'Azerbaïdjan après six semaines de combats contre les forces séparatistes arméniennes.

Davit Tonoyan était à ce poste depuis mai 2018. Quelques heures après sa démission, le chef du gouvernement arménien l'a remplacé par l'un de ses conseillers, Vagharchak Haroutiounian, qui avait déjà été ministre de la Défense en 1999-2000. 

La crise politique s'intensifie donc en Arménie : le ministre des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian avait déjà démissionné ce lundi 16 novembre.

À l'origine de cette crise, l'accord du 9 novembre sur la fin des hostilités, qui est pour l'Arménie une humiliante défaite. Il est dénoncé par l'opposition qui accuse le Premier ministre Nikol Pachinian d'être un « traître » et réclame, jusqu'ici sans succès, sa démission. Le pouvoir a lui dénoncé un complot visant à faire assassiner le chef du gouvernement. Les manifestations de rues sont restées limitées à quelques milliers de personnes.

Négocié par Vladimir Poutine, cet accord qui ne passe pas à Erevan consacre la défaite arménienne après six semaines de combats qui ont fait des milliers de morts. La République autoproclamée du Haut-Karabakh survit, même si elle perd de nombreux territoires.

Rétrocessions en trois temps

Outre des gains dans le Haut-Karabakh même, notamment sa deuxième ville Choucha (ou Chouci pour les Arméniens), Bakou reprend les sept districts azerbaïdjanais qui constituaient le glacis sécuritaire des séparatistes. Quatre l'ont été par les armes, et trois ont été ou seront rétrocédés. En récupérant ce vendredi le contrôle du district d'Aghdam, l'Azrbaïdjan opère donc la première des trois rétrocessions de territoires que contrôlaient les forces arméniennes depuis près de trente ans. Suivront Kalbajar le 25 novembre et Latchin le 1er décembre. 

Quelque 2 000 soldats de la paix russes sont en cours de déploiement pour s'assurer du respect par les belligérants du cessez-le-feu.

Pachinian aux abois, Aliev triomphateur

« Félicitations à tous les citoyens d'Aghdam. Vous n'êtes plus des réfugiés, vous retournerez sur vos terres ancestrales », a déclaré à la télévision le président azerbaïdjanais Ilham Aliev après l'entrée de son armée dans le district. Nous avons libéré la région du fascisme arménien ! »

D'un pays à l'autre, le contraste est saisissant entre un Premier ministre arménien aux abois et un président azerbaïdjanais triomphateur. Ilham Aliev s'est affiché cette semaine en treillis militaire et aux côtés de son épouse, la vice-présidente du pays, dans certains lieux emblématiques de territoires reconquis.

► À lire aussi : Guerre du Haut-Karabakh: les bombes au phosphore, plaie pour l'environnement et la santé

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