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L'Allemagne commémore les 75 ans du procès de Nuremberg

Le numéro deux du régime nazi Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 21 novembre 1945.
Le numéro deux du régime nazi Hermann Göring lors du procès de Nuremberg, le 21 novembre 1945. AP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Il y a 75 ans s'ouvrait à Nuremberg en Allemagne un procès historique fondateur du droit pénal international. Pour la première fois, les dirigeants d'un pays, ceux du régime nazi, devaient répondre de leurs crimes devant une juridiction internationale. Une cérémonie commémorative s'est déroulée ce vendredi 20 novembre au soir dans la salle du tribunal de Nuremberg. 

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Ne jamais abandonner, ne jamais abandonner, ne jamais abandonner ». Benjamin Ferencz a 100 ans mais continue de se battre pour faire avancer le droit international. Son message vidéo depuis les États-Unis se veut un appel pour parachever le droit pénal international dont les fondements furent posés il y a 75 ans dans la salle 600 du tribunal de Nuremberg où se tient la cérémonie commémorative.

Benjamin Ferencz fut le procureur d’un des procès qui succéda dans cette même salle au premier ouvert en novembre 1945. 

Des guerres perdurent au moment même où je vous parle. Elles font des victimes partout dans le monde. Nous planifions des attaques de masse, nous dépensons des milliards de dollars tous les jours pour produire des armes pour tuer d’autres personnes. Des jeunes sont envoyés au combat pour tuer d’autres jeunes qu’ils ne connaissent même pas. Et ce comme cela que nous défendons nos intérêts où qu’ils soient. C’est une forme de folie. Ceux qui font ça peuvent dire que je suis fou mais je crois que c’est eux qui sont fous. Tel le monde dans lequel nous vivons. Je ne vivrai plus très longtemps. Les responsables doivent affronter cette réalité. Faites ce qui est en votre pouvoir. Mon slogan est « le droit et non la guerre ». Et j’ajoute : « ne jamais abandonner, ne jamais abandonner, ne jamais abandonner ».

Benjamin Ferencz, l'un des procureurs du procès de Nuremberg

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a souligné dans son discours le tournant historique qu’a signifié pour le droit pénal international le procès de Nuremberg. « Le procès de Nuremberg était une révolution. Il n’était pas seulement une avancée juridique majeure, il a aussi ouvert une nouvelle page de l’histoire mondiale. Sans ce tribunal, la Cour pénale internationale de La Haye n’existerait pas aujourd’hui, a-t-il expliqué. Mais on voit combien il est difficile avec une telle juridiction et des principes de droit de faire avancer la justice dans le monde. » 

► À écouter aussi : 75 ans après, Nuremberg ou la naissance du droit pénal international

Frank-Walter Steinmeier a par ailleurs regretté que deux des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale qui avaient voulu le tribunal de Nuremberg, les États-Unis et la Russie, n’aient pas signé et ratifié les statuts de la Cour pénale internationale. Une absence comme celle d’autres États qui réduit les moyens de cette juridiction et rend encore plus pertinent l’infatigable combat de l’ancien procureur Benjamin Ferencz.

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