Accéder au contenu principal

Il y a 100 ans, le «Bloody Sunday», tournant vers l'indépendance de l'Irlande

Une plaque commémorative en l'hommage du joueur de l'équipe de football tué le 21 novembre 1920.
Une plaque commémorative en l'hommage du joueur de l'équipe de football tué le 21 novembre 1920. © kevin higgins / Commemorative Plaque
Texte par : Emeline Vin
3 mn

Aucun match de football gaélique n’est joué en Irlande ce dimanche en hommage aux victimes du « Bloody Sunday » de 1920. D'autres lui ont malheureusement succédé, mais que s’est-il passé le dimanche 21 novembre 1920 ?

Publicité

Avec notre correspondante à Dublin,

Le 21 novembre 1920, on est en pleine guerre d’indépendance : l’Irlande se bat contre l’Empire britannique dans une véritable guérilla entre la police royale et l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Au petit matin, l’IRA déploie ses combattants chez des officiers britanniques et abat treize haut-gradés et deux civils dans leur lit.

Ce dimanche après-midi, un match de football gaélique oppose Dublin à Tipperary dans le stade national Croke Park, dans la capitale. La police, aux ordres de la couronne, encercle Croke Park. L’ordre, c’est de fouiller les spectateurs et trouver les responsables de la tuerie du matin. Mais les agents ouvrent le feu sur le stade. Les historiens ignorent quel a été l’élément déclencheur, mais excluent une provocation de la part des spectateurs. Bilan : 14 morts, dont l’un des joueurs de football gaélique, une femme et des enfants, et plus de 60 blessés.

Dans la soirée, deux officiers de l’IRA seront fusillés par les forces britanniques. Au total, l'événement a donc fait 31 victimes, dont des civils, en moins de 24 heures. 

Vers la partition de l'île d'Irlande

Le « Bloody Sunday » de 1920 reste considéré comme un tournant dans la guerre d’indépendance. Déjà une claque infligée aux services britanniques : treize dignitaires abattus d’un coup. Face à l’horreur de ce jour-là, les indépendantistes et les Britanniques se radicalisent. Mais les forces britanniques et l’IRA se rendent aussi compte qu’un tel bain de sang avec autant de civils n’est pas envisageable une seconde fois et accélèrent les pourparlers. La guérilla se terminera en juin 1921 avec la partition de l’île d’Irlande.

En souvenir du « Bloody Sunday », l’une des tribunes de Croke Park a été baptisée tribune Hogan, en hommage au joueur abattu ce jour-là.

Des commémorations très sensibles

Ce week-end, c’est donc le centenaire du « Bloody Sunday » alors que le pays est confiné. Le spectacle commémoratif prévu par Croke Park a été diffusé en ligne sur le site de l’Abbey Theatre. On y entend des récits, fictifs, des quatorze victimes du stade.

En revanche, pas d’événement officiel avec le gouvernement ou alors sans publicité sur le site du gouvernement. En plein confinement, c’est compliqué, mais surtout ici genre de commémorations est extrêmement délicat. Il faut se souvenir qu’il y avait des Irlandais des deux côtés du conflit, même dans les rangs de la police royale. Certains, par conviction unioniste, d’autres en tant que mercenaires. Des deux côtés, de lourdes exactions ont été commises et le gouvernement doit toujours se contorsionner pour commémorer sans condamner mais sans légitimer non plus. Un exemple : au début de cette année, le gouvernement avait prévu d’organiser le centenaire de la création de la police royale… Avant de faire marche arrière face au mécontentement. 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.