Reportage

Restrictions et coronavirus: à Naples, le blues des petites commerçants

Vue du quartier historique de Naples.
Vue du quartier historique de Naples. REUTERS/Ciro De Luca
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le cap des 400 000 morts du Covid-19 a été franchi en Europe. Néanmoins, certains pays rouvrent les commerces ce week-end à l'approche des fêtes de fin d'année. Ce dimanche 29 novembre, trois nouvelles régions italiennes lèveront certaines restrictions, même si bars et restaurants resteront fermés. La Campanie devra attendre encore avant de ne plus être en zone rouge. À Naples, certains commerçants devront encore ronger leur frein.

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Avec notre envoyée spéciale à Naples, Pauline Gleize

La rue San Gregorio Armeno devrait grouiller de monde. Les commerces y sont spécialisés dans les santons de Noël. Quelques rideaux sont à moitié relevés malgré tout. Angela met de l'ordre dans sa boutique sans pouvoir vendre. Elle dénonce des inégalités. Certains commerces restent en effet ouverts. « Si je vends de la lessive et des décorations de Noël, j'ouvre, mais je ne devrais vendre que de la lessive, explique-t-elle. Et cela ne se passe pas comme cela. On se sent abandonnés et avec le moral dans les chaussettes. »

Dans les quartiers espagnols, Mario Talarico n'ouvre que son atelier de parapluies et plus le magasin. Pour faire face, il a créé le groupe Facebook « Pour Noël, choisissez l'artisanat », où les petits commerçants peuvent exposer. « Les gens peuvent peut-être redécouvrir des produits, explique-t-il. Cela nous permet d'être vraiment unis, contrairement à d'autres. Parce que le Covid-19 a fait ressortir le côté négatif des gens. » 

« Il n'y aura pas de Noël bis en janvier »

Dans la rue des santons, le secteur est peu adapté à la vente en ligne. « On a 700 articles sur notre site, explique Daniele Gambardella. Il faudrait qu'on arrive à 2 500, 3 000. Et il ne s'agit pas de faire juste une photo. » À l'entrée de la boutique où gisent des boîtes pour l'expédition, Giuseppina Gaffiero ne compte pas sur des aides : « On devrait avoir 1 000 euros, mais le vaccin sera peut-être là avant. Ils nous ont détruits. Il n'y aura pas de Noël bis en janvier. » Les quelques passants qui s'aventurent dans la rue trouvent parfois une boutique conciliante pour réaliser un achat. 

« C'est dramatique sur le plan social, économique et de l'emploi, estime Luigi de Magistris, le maire de Naples. Cette seconde vague a été beaucoup plus dramatique que celle du printemps. Il y a plus de pauvreté, beaucoup d'activités économiques qui s'arrêtent et ne réussiront pas à repartir. La situation est très difficile. Mais bon, quoi qu'il en soit, cette ville est une ville très forte. Elle a une grande capacité de résistance. C'est une ville très solidaire. Donc, c'est certain, on va essayer de résister et de se relancer. Mais il nous faut le soutien du gouvernement, le soutien de l'Europe. Un soutien plus fort et plus rapide ». 

« À la municipalité, on a présenté une série de très bons projets, poursuit l'édile. Et on espère qu'ils seront financés à travers le Recovery Fund. On est confiant, mais il faut que cela se fasse rapidement car il y a des ressources importantes pour le Sud, pour Naples, et nous avons présenté au gouvernement des projets importants pour le développement, pour l'environnement, pour les infrastructures et sur le plan social ».

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