Arménie: l'opposition lance une campagne de «désobéissance civile» contre Nikol Pachinian

Les forces de l'ordre ont procédé à une trentaine d'interpellations ce mardi 8 décembre à Erevan.
Les forces de l'ordre ont procédé à une trentaine d'interpellations ce mardi 8 décembre à Erevan. AP - Hrant Khachatryan
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Un mois après la fin de la guerre dans le Haut-Karabakh et la défaite des forces arméniennes face à l'armée azerbaïdjanaise, la pression s’accentue sur Nikol Pachinian. Les partisans de l'opposition ont lancé une campagne de « désobéissance civile » destinée à forcer le Premier ministre arménien à la démission.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Erevan, Anastasia Becchio

Les partis d’opposition avaient donné jusqu’à midi à Nikol Pachinian pour quitter le pouvoir. Mais le Premier ministre, qui dispose encore d’une confortable majorité au Parlement, l’a dit et répété : pas question pour lui de partir à un moment où le gouvernement tente difficilement d’organiser le retour des prisonniers de guerre et des corps des victimes

Dans l’après-midi, des manifestants, en petits groupes, ont tenté de bloquer de grandes artères, des carrefours de la capitale Erevan et le métro. La police est intervenue et a procédé à une trentaine d'arrestations. 

Pour assurer la transition en attendant de nouvelles élections, 17 partis d’opposition ont désigné Vazguen Manoukian, 74 ans, qui a été Premier ministre au début des années 1990. Ils ont reçu un soutien de taille : celui de l'influent primat de l'Eglise apostolique arménienne. Le Catholicos Guaréguine a appelé le Premier ministre à partir afin d'« éviter des développements tragiques » face aux « tensions croissantes dans la société ».

Face à face

En fin de journée, anti et pro-Pachinian se sont retrouvés à quelques mètres les uns des autres sur la place de la République. « Pachinian démission » « Pachinian traître », scandaient une poignée de manifestants devant le siège du gouvernement, dont les entrées étaient gardées par deux rangs de policiers. « Il a vendu les territoires du Haut-Karabakh. Ce n'est pas possible qu'après 44 jours de guerre, il n'y ait eu aucune autre option que ce qu'il a signé », dénonce Narod Nouramanian, venue avec une amie.

A lire aussi : Conflit du Haut-Karabakh: le district de Kelbajar rétrocédé à l’Azerbaïdjan

De l’autre côté de la rue, un autre rassemblement, de taille modeste également : parmi les manifestants, des hommes en treillis, comme Atom Atamyan. « Ici, il y a des hommes qui étaient à la guerre et qui savent comment les choses se sont passées en réalité. S’il n’avait rien signé, 25 à 30 000 personnes auraient été tuées », considère-t-il.

A ses côtés, Vahag Agamalyan ne veut surtout pas que la vieille garde chassée par la révolution de 2018 ne revienne au pouvoir. Pour lui, « les traîtres sont ceux qui ont mis à sac le pays pendant 20 ans. Nikol Pachinian n’y est pour rien. » Chacun de leur côté, partisans et détracteurs du Premier ministre promettre de maintenir la pression.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail