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Brexit: les relations se tendent entre l'UE et le Royaume-Uni

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à Bruxelles, le 9 décembre 2020.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à Bruxelles, le 9 décembre 2020. REUTERS - POOL
Texte par : RFI Suivre
7 mn

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré vendredi aux dirigeants des 27 que les espoirs d'un accord avec Londres sur la future relation commerciale étaient « faibles ». Les propos de la cheffe de l'exécutif européen font écho à ceux de Boris Johnson qui a déclaré jeudi qu'il existait une « forte possibilité » d'échec. Un consensus qui jette un froid sur les négociations. 

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Les négociations se poursuivent jusqu’à dimanche dans une ambiance tendue. La perspective d’un « no deal », une sortie sans accord, se profile à l’horizon. Non seulement Boris Johnson et Ursula von der Leyen affiche leur pessimisme, mais ils commencent à préparer leurs opinions publiques.

Le Premier ministre britannique déclare qu'un « no deal » sera « formidable » pour le Royaume-Uni. « Nous pourrons faire exactement ce que nous voudrons à partir du 1er janvier », ajoute-t-il tout en prétendant espérer encore un grand changement de la part de l'Union européenne. Pour lui, les propositions des 27, jusque-là, ne respectent pas la souveraineté britannique.

Une affirmation contestée par Ursula von der Leyen. Les Européens veulent s'assurer du respect de leurs normes sociales, environnementales et fiscales pour éviter toute concurrence sauvage. « Il s’agit pour nous d’adapter les conditions d’accès à notre marché en fonction de leurs propres décisions. »

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Les Britanniques « restent souverains et libres de décider ce qu'ils veulent faire », répond la présidente de la commission européenne. L'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, juge malgré tout qu'un accord reste « possible ».   


♦ France et Royaume-Uni, des partenaires commerciaux importants

Londres juge « improbable » une prolongation des discussions entre le Royaume-Uni et l'Union européenne au-delà de la date buttoir de dimanche si Bruxelles ne se montrent pas plus flexible. De son côté, la France se dit pessimiste quant à la possibilité d’un Brexit avec accord. Le pays est la porte d’entrée vers les Royaume-Uni et 80% des flux routiers passent par elle. De même, 150 000 entreprises françaises commercent avec le Royaume-Uni, selon les Douanes françaises. Tous deux sont des partenaires commerciaux importants. 

La France exporte, en valeur, davantage vers le Royaume-Uni qu’elle n’importe. Ses exportations outre-Manche s’élèvent à plus de 33 milliards et demi d’euros. Elles sont tirées par le dynamisme de la demande britannique et par l’effet de stockage, en prévision d’un Brexit dur. 

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Le Royaume-Uni est ainsi le premier excédent bilatéral de l’Hexagone devant Singapour – avec lequel Londres vient de signer un accord de libre-échange de 22 milliards de dollars – et Hong-Kong. 

Côté importations, les Français ont acheté pour 21 milliards d’euros de biens et services aux Britanniques. Ils sont le cinquième fournisseur du Royaume-Uni, derrière l’Allemagne, la Chine, ou encore les États-Unis.

Les échanges de biens sont les mêmes que pour les importations. Ce sont d’abord les produits de la construction aéronautique et spatiale, et ceux de la construction automobile. 

La France est toujours le premier fournisseur de vin au Royaume-Uni, mais aussi de produits de boulangerie et de pâtisserie. C’est aussi le deuxième fournisseur de produits laitiers derrière l’Irlande. 

Les échanges de services, très diversifiés, concernent, eux, les transports, les services aux entreprises, les voyages pour les exportations françaises, et dans la finance, les services aux entreprises aussi et les télécommunications pour les importations.

Le tourisme est un autre axe d’échange. 13 millions de Britanniques ont voyagé en France en 2018. Et, profitant de la baisse de la livre sterling depuis le Brexit, 3,5 millions de Français ont visité la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, le Royaume-Uni est le troisième investisseur étranger en France et le deuxième pays d’implantation des entreprises françaises à l’étranger. Ce qui représente 400 000 emplois. 

3 800 entreprises filiales de groupes français y sont installées. Cela représente 400 000 emplois et plus de cent milliards d’euros. Dans une moindre mesure, 1 200 filiales britanniques sont présentent en France. Elles représentent 88 0000 emplois. 

La France est elle le huitième investisseur étranger Outre-Manche. 

♦ Reportage : À Calais, les douanes se disent prêtes à un Brexit dur 

Aujourd’hui, il n'y a pas de contrôles douaniers systématiques entre la France et le Royaume-Uni pour tous les véhicules qui traversent la Manche. La situation va changer si aucun accord commercial pour le Brexit n’est trouvé. Les autorités françaises ont mis en place un système informatique de déclaration des marchandises à remplir en ligne. Ce qui est appelé frontière intelligente devrait faciliter les flux. RFI s’est rendu à Calais pour vérifier si tout est prêt. 

Les structures existent et sont en capacité d'absorber les flux, et je ne doute pas que la frontière intelligente permettra justement d'absorber ces flux et de préserver la fluidité [...] En fonction du nombre de contrôles qui seront à faire ça générera effectivement du bon travail. Si on n'a pas assez de mains, ça pourra générer de l'attente.

Reportage au service des douanes à Calais, à la frontière entre la France et le Royaume-Uni

 

   

   

 

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