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Covid-19: «Beaucoup trop tôt» pour lier la montée des cas au Royaume-Uni à une mutation

Face à la découverte d'une nouvelle souche, un confinement a été décrété dans une partie du Royaume-Uni. Ici, les rues de Londres le 20 décembre 2020.
Face à la découverte d'une nouvelle souche, un confinement a été décrété dans une partie du Royaume-Uni. Ici, les rues de Londres le 20 décembre 2020. REUTERS - Toby Melville
Texte par : RFI Suivre
4 mn

L'apparition au Royaume-Uni d'une nouvelle souche du coronavirus beaucoup plus contagieuse que les autres inquiète les épidémiologistes et a, dans l'immédiat, amené plusieurs pays à suspendre les vols en provenance du territoire britannique dimanche 20 décembre. Pour Olivier Bouchaud, responsable des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Avicenne, la fermeture des frontières est une réponse légitime mais ne peut pas être l’unique solution.

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RFI : Comment peut-on expliquer que le virus ait muté ?

Olivier Bouchaud : À chaque fois qu’un virus se multiplie pour donner place à de nouveaux virus, le recopiage de son matériel génétique peut être source d’erreur. Imaginez une photocopieuse qui pourrait commettre de petites erreurs de photocopie, parce que par exemple il y a une tache sur la vitre et donc les feuilles photocopiées sont un tout petit peu différentes de l’originale. Cela parce qu’il y a une lettre qui a été cachée par une tache. C’est comme ça que ça se passe pour le génome d'un virus et ça, ça arrive en permanence. Mais dans l’immense majorité des cas, cette petite erreur n’entraîne aucune conséquence sur le comportement du virus.

En mutant le virus serait donc devenu pus contagieux ?

L’hypothèse d’une mutation n’est évidemment pas exclue. Mais de là à dire que la montée du nombre de contaminations actuelles au Royaume-Uni est spécifiquement liée à une mutation, c’est beaucoup trop tôt, parce qu’il est extrêmement difficile de rattacher une modification du comportement du virus à telle ou telle mutation. N'oublions pas que l'on est en hiver, que l'hiver est une période très propice à la transmission du virus. Deuxièmement on voit bien qu'à la fin d’année, les rapports sociaux et contacts entre les personnes s’intensifient. Et ce seul fait-là peut tout à fait suffire à expliquer l’augmentation du nombre de cas.

Plusieurs pays européens ont annoncé la fermeture de liaisons maritimes, terrestres et aériennes avec le Royaume-Uni. Est-ce la meilleure solution ?

Quelque part c’est assez légitime voire rationnel de se dire que vu qu'au Royaume-Uni le virus semble circuler avec une plus forte intensité, on va limiter le risque d’introduction du virus dans notre pays. Si on voit les choses à l’échelle de l’Europe, c’est peut-être un peu plus discutable, il ne faudrait pas qu’on arrive à une situation de suspicion permanente d’un pays vis-à-vis d’un autre, d’autant que quand on parle de l’augmentation de transmission au Royaume-Uni, c’est dans une zone particulière, ce n’est pas homogène sur l’ensemble du pays. On ne peut pas se mettre dans des situations où en permanence on se méfierait d’un pays ou d’un autre parce qu'à tel ou tel endroit, il y a une augmentation de circulation du virus. Je pense qu’il faut surtout qu’on s’attache, dans les endroits où le virus circule davantage, à en comprendre les causes et à essayer d’intervenir le plus rapidement possible.

►À lire aussi : Nouvelle souche de Covid-19: plusieurs pays européens suspendent leurs liaisons avec le Royaume-Uni

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