Russie: Alexeï Navalny piège un agent secret qui aurait participé à son empoisonnement

L'opposant russe Alexeï Navalny.
L'opposant russe Alexeï Navalny. AFP/File
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alexeï Navalny affirme avoir piégé au téléphone l’un des agents des services russes impliqué dans la tentative d’empoisonnement dont il affirme avoir été victime. Ce dernier juge que l’opposant ne doit son salut qu’à sa prise en charge par des urgentistes après que le pilote ait opéré un atterrissage d’urgence à Omsk, lors du vol reliant Tomsk à Moscou à bord duquel se trouvait Alexeï Navalny.

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Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin

Le poison qui a failli entraîner la mort d’Alexeï Navalny aurait été placé dans ses sous-vêtements. C’est ce qui ressort d’une longue conversation téléphonique que l’opposant a eue avec un homme qu’il présente comme Konstantin Koudratsiev, expert en armes chimiques travaillant pour les services russes, et qu’il a mise en ligne sur son site internet. Aux dires de l’opposant, toute expertise vocale permettra de conclure qu’il s’agit bien de cet agent, dont l’identité a été révélée par une enquête publiée en début de semaine dernière par le site Bellingcat.

« Falsification »

Pour parvenir à ses fins, Alexeï Navalny s’est fait passer pour un assistant du secrétaire du Conseil de sécurité russe qui avait besoin de son témoignage pour rédiger un rapport sur la tentative d’assassinat de l’opposant. Si ce piège téléphonique devait s’avérer digne de foi, il mettrait en sérieuses difficultés la présidence russe. Jeudi dernier, lors de sa conférence de presse annuelle, Vladimir Poutine avait reconnu qu’Alexeï Navalny faisait l’objet d’une surveillance des services secrets mais qu’en aucun cas ils n’avaient tenté de l’assassiner, ajoutant que s’ils avaient vraiment voulu éliminer l’opposant, ils ne l’auraient pas raté.

Les services de sécurité russes (FSB) ont dénoncé lundi comme une « falsification » le piège téléphonique que l'opposant Alexeï Navalny affirme avoir tendu à l'agent russe. « La vidéo avec (cette) conversation téléphonique est une falsification », a affirmé le FSB, dans un communiqué cité par les agences de presse russes.

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