UE: les premiers garde-côtes européens armés déployés?

Le chef de l'agence Frontex, Fabrice Leggeri, à Bruxelles le 11 juillet 2016 (image d'illustration).
Le chef de l'agence Frontex, Fabrice Leggeri, à Bruxelles le 11 juillet 2016 (image d'illustration). AP - Darko Vojinovic

Les nouveaux garde-frontières européens recrutés directement par Frontex doivent être déployés courant janvier mais l’agence est en pleine tourmente.

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C’est un changement majeur qui s’annonce dans la surveillance des frontières extérieures des 27 : ces agents seront placés directement sous l’autorité de Frontex, et à terme la nouvelle force sera composée de 10 000 personnes. Jusqu’à présent, ils ne sont que 1200 permanents détachés par les pays membres. Mais Frontex est depuis des mois sous le feu roulant des critiques : refoulements brutaux en mer Égée, tirs sur des embarcations, violences contre les migrants à la frontière entre la Bosnie et la Croatie, l’agence est régulièrement accusée de couvrir des agissements illégaux dans la surveillance des frontières, et parfois d’y participer.

Plusieurs enquêtes sont en cours et les députés européens se sont saisis de la question. À l’heure d'une transformation sans précédent de l’agence, certains se demandent s'ils peuvent lui faire confiance pour que le travail de ces 10 000 garde-frontières soit exemplaire et transparent. Et ils se demandent aussi pourquoi l'agence n'a toujours pas recruté comme prévu les 40 employés chargés de la question du respect des droits humains. 

Un uniforme aux couleurs de l'Union européenne

D'autant que ces garde-frontières seront armés, et porteront un uniforme aux couleurs de l'Union européenne. C'est une première, une lourde responsabilité pour Bruxelles, et un pari sur la capacité des États membres à partager leurs prérogatives avec l'agence. 

Le déploiement des 10 000 garde-frontières doit s'étaler jusqu'en 2027. Il coûtera cinq milliards d'euros. Moitié moins que ce qui était réclamé au départ par la Commission, mais bien trop pour les ONG qui déplorent l'absence de mission de secours de Frontex et une gestion strictement sécuritaire de la question migratoire. 

 

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