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Reportage

Turquie: la fronde des étudiants continue à l’université du Bosphore

Les étudiants de l’Université du Bosphore face à la police turque. le 4 janvier 2021.
Les étudiants de l’Université du Bosphore face à la police turque. le 4 janvier 2021. REUTERS - KEMAL ASLAN
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Turquie, la colère ne faiblit pas sur le campus de l’une des meilleures universités du pays, celle du Bosphore. Une large partie des étudiants et des enseignants réclament la démission de leur nouveau recteur, un proche du parti au pouvoir nommé le 2 janvier par le président Recep Tayyip Erdogan. Une nouvelle manifestation était organisée ce vendredi 8 janvier sur le campus de cet établissement public d’Istanbul. 

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

La direction de l’université du Bosphore est bien indiquée ces jours-ci. Des dizaines de mètres de barrières de police, des dizaines d’officiers en uniforme et en civil balisent l’avenue qui mène aux grilles. Empêchés de se rassembler sur la voie publique, les étudiants manifestent sur le campus, inaccessible aux journalistes.

Ilkin Göksan, en master de physique, énonce une unique revendication : le rétablissement de l’élection du recteur par les enseignants, comme c’était le cas avant 2016. « Le droit de vote des enseignants a été usurpé ! Personne ne devrait être parachuté à la tête de cette université, peu importe sa personnalité. Le recteur nommé nous fait de grandes promesses, il se dit très enthousiaste. Parfait ! Alors démissionnez, présentez votre candidature à une élection au sein de l’établissement et si vous êtes élu, à vous l’honneur ! »

Quarante étudiants arrêtés

Selon l’étudiant, l’enjeu dépasse de très loin le sort de son université: « Cet épisode est la preuve que les pressions psychologiques et anti-démocratiques imposées à la Turquie ces dernières années sont en train de s’imposer aussi à l’intérieur des universités. En démocratie, la politique ne devrait pas avoir son mot à dire dans les universités. »

Kutay Akin, 20 ans, acquiesce. Il est en deuxième année de licence: « Les autorités disent que la procédure est légale. Mais notre protestation n’est pas près de s’arrêter ! Comme le recteur a dit qu’il ne démissionnerait pas, je ne sais vraiment pas comment tout ça va se terminer... »

24 des 40 étudiants arrêtés cette semaine ont comparu devant un juge. Ils ont tous été libérés.

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