Covid-19: les Vingt-Sept ouvrent la voie à des contrôles aux frontières intra-européennes

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de sa conférence de presse après le sommet qui s'est tenu par visioconférence entre les 27 Etats membres de l'UE le 21 janvier 2021.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de sa conférence de presse après le sommet qui s'est tenu par visioconférence entre les 27 Etats membres de l'UE le 21 janvier 2021. AP - Olivier Hoslet
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les 27 chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne se sont réunis par visioconférence ce jeudi pour la neuvième fois depuis le début de la pandémie. Ils ont longuement débattu de la mise en place de mesures de contrôles aux frontières internes de l’UE pour les voyages non-essentiels afin d'endiguer la recrudescence de l'épidémie.

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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, a estimé ce jeudi soir après le sommet que « tous les voyages non essentiels doivent être fortement déconseillés », « en raison de la situation sanitaire très grave » liée à la pandémie de Covid-19. Mais elle a aussi affirmé qu'il était « de la plus haute importance de continuer à faire fonctionner le marché unique », c'est-à-dire de continuer à permettre le transport « fluide des travailleurs essentiels et des marchandises à travers les frontières » des pays au sein de l'Union européenne.

Concernant les frontières extérieures de l'UE, « nous proposerons des mesures de sécurité additionnelles pour les voyages essentiels vers l'Europe, par exemple en exigeant un test avant le départ », a ajouté la présidente de la Commission européenne, à l'issue d'un sommet en visioconférence des 27 États membres.

L'inquiétude face aux variants

« Nous sommes de plus en plus inquiets au sujet des différents variants » du coronavirus, a reconnu Ursula von der Leyen. L'agence européenne chargée des épidémies (ECDC), qui a relevé son évaluation des risques sanitaires liés à ces variants du coronavirus (britannique, sud-africain), plus contagieux, avait déjà appelé jeudi les dirigeants européens à se tenir prêts à prendre des mesures plus strictes dans les semaines à venir. Elle a notamment estimé elle aussi que « les voyages non essentiels devaient être évités ».

Les 27 ont ouvert la voie à une décision commune pour les frontières internes de l’Union ; parmi les mesures que chaque pays commence à introduire, Emmanuel Macron a par exemple annoncé à ses homologues l’introduction d’une obligation de présenter un test PCR réalisé 72h avant le départ pour l’ensemble des voyageurs européens qui viennent en France (hors voyages dits essentiels), rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

À la veille du sommet, les Européens étaient parvenus à s'entendre sur une reconnaissance mutuelle des résultats des tests, à la fois PCR et antigéniques rapides, une avancée validée jeudi soir.

Les test PCR imposés en ordre dispersé

Pour l’instant, les pays les imposent en ordre dispersé et surtout pour les frontières extérieures. La décision française est emblématique d’un mouvement entamé par l’ensemble des pays de l’Union pour contenir les nouvelles variantes du coronavirus. Et pour tenter de garder malgré tout les frontières ouvertes pour les échanges commerciaux. La Commission est chargée de définir d’ici lundi quels sont les voyages essentiels avec des exemptions prévues pour les transports terrestres et les travailleurs frontaliers par exemple.

L’instauration de tests PCR aux frontières est largement soutenue, en particulier par l’Allemagne. L’idée d’un passeport vaccinal est jugée par la plupart prématurée devant les retards de livraison et l’adoption officielle lors de ce sommet d’une reconnaissance mutuelle des tests antigéniques et PCR ouvre donc la voie à des contrôles aux frontières intra-européennes.

La question des contrôles généralisés en suspens

Les 27 ne se sont donc pas encore décidé à mettre en place des contrôles aux frontières de manière généralisée mais la question pourrait revenir sur la table afin de d'endiguer la progression des nouveaux variants britannique et sud-africain. 

Angela Merkel n'est pas favorable à cette solution, car les fermetures de frontières de l'an dernier restent un mauvais souvenir vu de Berlin, rapporte notre correspondante sur place, Delphine Nerbollier. Et pourtant, lors d'une conférence de presse ce jeudi matin, la chancelière n'a pas écarté la possibilité de ce servir d'un tel instrument, en dernier recours. « Il ne s'agit pas d'introduire des contrôles aux frontières de manière généralisée. Nous allons essayé de l'éviter. Mais je vous le dis aussi très clairement : quand un pays, avec un taux d'incidence deux fois plus élevé qu'en Allemagne laisse tous ses magasins ouverts alors qu'ils sont fermés chez nous, cela pose problème », a déploré la chancelière allemande.

(Et avec AFP)

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