Un nouveau traité interdit l'arme atomique, sans le soutien des puissances nucléaires

Le Conseil de sécurité de l'ONU à New York (image d'illustration).
Le Conseil de sécurité de l'ONU à New York (image d'illustration). AP - Craig Ruttle
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Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur ce vendredi 22 janvier 2021. C'est l’aboutissement d'une longue mobilisation internationale. Le message est fort mais l'application limitée car aucun des pays possédant l'arme nucléaire n'a signé ce traité.

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La campagne pour l'interdiction des armes nucléaires (ICAN) a été distinguée par le Prix Nobel de la Paix 2017. Un peu plus tôt cette année-là, des États et des ONG, mobilisés depuis une décennie, étaient parvenus à faire adopter un traité à l'ONU, s’appuyant sur le soutien de plus de 120 pays. C'est ce texte de droit international qui entre en vigueur ce vendredi, après avoir atteint le seuil de 50 États l’ayant ratifié.

Chaque État ayant adopté le traité s'engage à ne jamais produire, tester, acquérir ou stocker d'arme nucléaire. Le message est fort puisqu'il vise à bannir la bombe atomique au même titre que les armes chimiques ou bactériologiques.

Mais aucun des neuf États possédant la bombe atomique ne s'est engagé dans le nouveau traité. États-Unis, Russie, Chine, France Royaume-Uni, Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord : les pays maîtrisant le feu nucléaire n'ont pas l'intention d'y renoncer.

Le TNP, l'autre texte derrière lequel s'abritent les puissances nucléaires

Cinq de ces États – dont la France - s'abritent derrière un autre texte : le Traité de non-prolifération nucléaire, qui vise à empêcher la course à la bombe. La diplomatie française ne manque pas une occasion de critiquer le nouveau traité, allant jusqu’à parler d’ « irresponsabilité » selon le terme employé par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. La France fait même partie des pays qui ont ostensiblement boudé la remise du Prix Nobel de la Paix 2017 à la campagne ICAN. Paris estime que la logique d’interdiction de l’arme atomique n’est pas adaptée aux menaces actuelles et que le nouveau traité risque d’affaiblir le Traité de non-prolifération nucléaire. Les ONG luttant contre l’arme atomique rétorquent que le TNP n’est pas seulement un club fermé de pays possédant la bombe mais qu’il doit aussi avoir pour horizon l’élimination totale des arsenaux nucléaires. Alors que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires devient réalité, dix-neuf associations et organisations françaises lancent « un appel solennel » à Emmanuel Macron « pour que la France adhère à ce traité ».

États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni sont les cinq puissances membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. Le TNP consacre le fait que ces pays possèdent l’arme atomique. Inde et Pakistan sont deux pays qui se sont dotés de la bombe après l’adoption du TNP à la fin des années 1960. C’est le cas aussi d’Israël, même si ce pays ne l’a jamais officiellement reconnu. Enfin, la Corée du Nord est le seul pays à être sorti du Traité de non-prolifération nucléaire.

Bien que son programme nucléaire soit source de tensions internationales, l’Iran est toujours signataire du TNP et donc officiellement engagé à ne pas se doter de l’arme atomique.

Comment nos dirigeants osent-ils ainsi être dans le déni de l'horreur nucléaire que nous avons vécue en 45? Cela me met en colère!

Les Japonais regrettent que leur pays ne ratifie pas le TIAN

L'administration du nouveau président américain Joe Biden est favorable à une prolongation de cinq ans du nouveau traité START de limitation des arsenaux nucléaires des Etats-Unis et de la Russie, a annoncé hier, jeudi 21 janvier, Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche. Le traité arrive à expiration le 5 février prochain. 

Une proposition qui devrait être accueillie favorablement par son homologue russe Vladimir Poutine, qui s'était lui aussi dit favorable à une extension de cinq ans. L'ancienne administration de Donald Trump n'avait elle accepté qu'une prolongation conditionnelle d'un an, le temps de négocier un accord plus global, mais les pourparlers avec Moscou n'avaient pas abouti.

Le traité, qui limite à 1.550 le nombre de têtes nucléaires stratégiques détenu par chaque pays, est le dernier grand accord de désarmement en vigueur entre les deux superpuissances nucléaires.

avec agences

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