Portugal: le président Rebelo de Sousa brigue un 2e mandat dans un contexte sanitaire difficile

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa le 19 janvier 2021.
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa le 19 janvier 2021. AP - Armando Franca
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le président sortant du Portugal, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa est candidat à sa réélection ce dimanche. Dans cette campagne marquée dans la dernière ligne droite par une recrudescence des cas de Covid-19 et un confinement deux semaines avant le scrutin, la participation est un véritable enjeu.

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Voir le président en maillot de bain sur la plage ou dans la file d’attente du supermarché d’une station balnéaire du pays sont des images et une proximité habituelles pour les Portugais. C'est aussi une des clés du succès de Mario Rebelo de Sousa.  

Ancien professeur de droit, cet ancien journaliste a mené une émission politique dominicale longtemps incontournable. Marcel, comme les Portugais l’appellent, aime s’attarder pour une conversation ou des photos avec tout le monde. Plus particulièrement les plus fragiles, comme les sans-abri ou les malades. Ce fils de ministre, homme de pouvoir, catholique affirmé, a pour objectif ce dimanche de battre le record du président le mieux réélu, celui du socialiste Mario Soares avec plus de 70% des voix en 1991. 

Autre résultat qui sera très scruté, celui d’André Ventura. À 37 ans, ce député dirige un très récent parti de droite populiste. Dans ce pays sorti de la dictature en 1974, il pourrait bien confirmer sa percée après être entré au Parlement lors des législatives l’an dernier. 

Parmi les autres candidats, on retrouve aussi la socialiste Ana Gomes, critique du Premier ministre Antonio Costa. À 66 ans, cette diplomate de carrière et ancienne députée européenne est devenue une éminente militante anti-corruption mais n’est pas soutenue par son parti qui officiellement ne présente pas de candidat. 

La crainte d'une abstention record due au Covid-19

Ce scrutin se déroulera toutefois dans un contexte très particulier puisque le Portugal a atteint des nouveaux records de contamination au Covid-19 ces derniers jours et l'épidémie a mis à genoux l'économie portugaise. Les Portugais sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général. Un contexte sanitaire qui fait redouter une abstention record, qui pourrait avoisiner les 70%.

Oui j’ai peur. On ne peut pas vérifier où se trouve le virus. Et même si on se protège, le risque est là. Il vaut mieux se méfier mais ce n’est pas une raison pour cesser de vivre et surtout ne pas exercer mon droit et devoir de voter.

Face au Covid-19, les Portugais hésitent à se rendre aux urnes

Alors que le pays avait relativement bien maîtrisé la première vague de la pandémie, cela n’a pas empêché son économie d’être sérieusement secouée, avec une récession qui a balayé 10 ans d’efforts de redressement des comptes publics, selon certains économistes. La conséquence immédiate de la pandémie, c’est un recul de 9,3% du produit intérieur brut, le secteur des services étant le plus sérieusement affecté.

En Europe, l’économie portugaise est l’une des plus durement touchée. Ce qui peut s’expliquer par son modèle, avec un poids considérable du tourisme qui représente près de 17% du produit intérieur brut. Pour tenir, plusieurs entreprises portugaises ont recours aux aides de l’État, comme le chômage partiel, les prêts garantis et les aides à la trésorerie, mais les marges de manœuvre sont limitées. Des aides qui maintiennent le sursis. Si elles sont levées, les économistes portugais craignent une vague de faillites et de licenciements.

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