Covid-19: l'Allemagne autorise le traitement expérimental utilisé sur Donald Trump

Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, à Berlin, le 21 janvier 2021.
Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, à Berlin, le 21 janvier 2021. AP - Michael Kappeler
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'Allemagne va devenir le premier pays de l'Union européenne à utiliser, contre le Covid-19, le traitement expérimental à base d'anticorps de synthèse administré à Donald Trump, a annoncé ce dimanche 24 janvier le ministre de la Santé, Jens Spahn.

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« Le gouvernement a acheté 200 000 doses pour 400 millions d'euros » du traitement expérimental contre le Covid-19 administré à Donald Trump, a déclaré Jens Spahn au journal Bild am Sonntag, ce qui représente 2 000 euros par dose.

Les malades recevront gratuitement cette thérapie, a précisé une porte-parole du ministère de la Santé. Deux déclinaisons de ce traitement à base d'anticorps « monoclonaux » seront utilisées dans des hôpitaux universitaires la semaine prochaine. Jens Spahn a souligné que l'Allemagne était « le premier pays dans l'UE » à se servir de ce type de thérapie dans la lutte contre la pandémie.

Les deux versions de ce traitement ont été approuvées en novembre aux États-Unis mais n'ont pas encore le feu vert des autorités européennes de régulation. Selon la porte-parole du ministère, l'autorité allemande de régulation des médicaments, l'institut fédéral Paul-Ehrlich, a estimé que l'utilisation de cette thérapie était « en principe » autorisée au cas par cas si les médecins la jugeaient appropriée pour prévenir « une maladie grave ou des hospitalisations parmi certains groupes à risque ».

Des commandes auprès de deux compagnies américaines

L'Allemagne s'est approvisionnée auprès de deux compagnies américaines, Regeneron pour son Casirivimab/Imdevimab et Eli Lilly pour son Bamlanivimab, a précisé la porte-parole. Les deux fonctionnent de manière similaire, mais la version de Regeneron combine deux anticorps de synthèse et celle d'Eli Lilly n'en utilise qu'un. Ces anticorps imitent le fonctionnement du système immunitaire après la contamination par le coronavirus en allant bloquer la pointe du virus qui lui permet de s'attacher aux cellules humaines et de les pénétrer.

Donald Trump avait reçu, début octobre, le traitement de Regeneron lorsqu'il avait été brièvement hospitalisé, avant même qu'il soit autorisé fin novembre par l'Agence américaine des médicaments (FDA). Le traitement similaire d'Eli Lilly avait été autorisé dès le 9 novembre. L'ex-président a vanté le traitement de Regeneron en disant qu'il l'avait « guéri ».

(Avec AFP)

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