Boris Johnson critiqué par les médecins alors que le Royaume-Uni passe le cap des 100000 morts

Le Royaume-Uni a franchi le sinistre seuil des 100 000 morts dus au Covid-19, l’un des bilans les plus élevés au monde en proportion de sa population.
Le Royaume-Uni a franchi le sinistre seuil des 100 000 morts dus au Covid-19, l’un des bilans les plus élevés au monde en proportion de sa population. Tolga Akmen AFP/Archivos
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le Royaume-Uni a franchi le sinistre seuil des 100 000 morts dus au Covid-19, l’un des bilans les plus élevés au monde en proportion de sa population. Le pays est actuellement reconfiné et connaît sa troisième vague de la pandémie, beaucoup plus virulente en raison d’un variant plus contagieux et potentiellement plus mortel. Un lourd tribut qui au-delà de la tristesse provoque beaucoup de colère, notamment de la part du monde médical.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

Un Boris Johnson à l’air contrit a dit assumer « la pleine responsabilité de toutes les décisions prises par ce gouvernement ». Pour autant, il estime avoir « fait tout ce qui était en son pouvoir » pour gérer la crise et s’est surtout attaché à remercier les personnels soignants qualifiés de « héros ». Un hommage qui laisse pourtant de glace les médecins dans des hôpitaux au bord de la rupture. Robert Hirst est médecin urgentiste et déplore une gestion calamiteuse : « Tout ce qu’il aurait fallu éviter est déjà arrivé : pour le dépistage on a fait appel au privé au lieu des hôpitaux publics régionaux, on a distribué du matériel de protection en dépit du bon sens et la quarantaine à la frontière vient seulement de commencer… »

►À lire aussi : Covid-19: le variant anglais est plus mortel, prévient Boris Johnson

Autre problème pour l’anesthésiste Claudia Paoloni, présidente du syndicat des consultants hospitaliers, l’absence de vision à long terme du gouvernement et ses conseillers : « Ils auraient dû anticiper l’arrivée possible d’un variant plus contagieux ; on a trop tardé à réagir et le pays a été trop optimiste sur sa capacité à y résister… »

Les professionnels de la santé demandent maintenant au gouvernement de privilégier la vaccination des soignants et des plus vulnérables, mais aussi de s’assurer que les gens qui doivent s’isoler en aient les moyens financiers et bénéficient d’un soutien financier sans limitation dans le temps.

♦ Le seuil des 100 000 morts à la Une de la presse britannique

Traits tirés, tête courbée et les yeux clos : le visage abattu de Boris Johnson s’étale en gros plan à la Une de nombreux journaux. Plusieurs reprennent aussi en gros titre les mots du Premier ministre « Je suis profondément désolé ». Mais les Unes les plus frappantes et les plus touchantes sont celles de The Times et de The i qui ont choisi de publier les photos de certaines des victimes emportées par la pandémie alors que le Royaume-Uni est le premier pays européen à dépasser le seuil de 100 000 morts.

Un chiffre « déchirant » et « incompréhensible » mais qui aurait pu être évité déplore The Independent en ligne tandis que pour le Times, lorsqu’un tel cap est franchi, la conclusion est inévitable : « quelque chose a très mal tourné ». Le quotidien cite d’ailleurs le dirigeant de l’opposition travailliste Keir Starmer pour qui ce bilan est « une tragédie nationale » et qui reproche au gouvernement sa lenteur à réagir que ce soit pour protéger les soignants, confiner le pays ou encore instaurer un dépistage massif et efficace.

Le Guardian est tout aussi critique face au refus du Premier ministre de répondre aux questions insistantes de la presse. Et le quotidien prévient que Boris Johnson devra tôt ou tard rendre des comptes et expliquer pourquoi un pays riche, doté d’un système de santé qu’il aime à qualifier de meilleur au monde, a pu en arriver là…

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