Grèce: les rassemblements interdits, officiellement pour lutter contre le Covid

À en croire les autorités grecques, le motif de la limitation de rassemblements à 100 personnes maximum serait une affaire de santé publique.
À en croire les autorités grecques, le motif de la limitation de rassemblements à 100 personnes maximum serait une affaire de santé publique. AP Photo/Yorgos Karahalis
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Grèce, où un confinement progressivement allégé est en cours depuis le mois de novembre, les autorités viennent de décréter sans préavis l’interdiction de rassemblements de plus de 100 personnes pour toute la semaine. Officiellement, il s’agit de lutter contre la diffusion du coronavirus, mais la mesure semble surtout viser à contenir tout mouvement de contestation sociale trop important, en particulier celui des étudiants.

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Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

À en croire les autorités grecques, le motif de la limitation de rassemblements à 100 personnes maximum serait une affaire de santé publique. L’opposition, elle, y voit une manœuvre, visant en particulier à limiter l’impact d’un mécontentement étudiant grandissant. Une manifestation était en effet justement programmée ce jeudi, avec comme mots d’ordre la réouverture des universités et le refus d’une présence policière à l’intérieur.

« À l’aide d’une nouvelle loi, le gouvernement a l’intention de mettre en place des forces de police à l’intérieur des universités, confie Amalia Kosma, en dernière année de sociologie à l’université Panteion d’Athènes. C’est un projet qui va couter 30 millions d’euros et cela alors que les universités grecques sont mal en point, pas seulement en raison de la pandémie actuelle qui détruit tout, mais aussi en raison de problèmes structurels. Donc cette somme représente beaucoup d’argent pour une simple présence policière alors que cet argent pourrait financer l’éducation et des choses dont nous avons davantage besoin. »

L’étudiante pense que les restrictions de rassemblement n’empêcheront pas la contestation étudiante de se poursuivre en Grèce, même si elle se désole que les télévisions locales, influentes dans le débat public, ne suivent pas davantage un mouvement qu’elle et ses camarades jugent essentiel.

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