Grippe aviaire: comment s'en prémunir ?

Des canards dans une ferme de Montsoué, dans les Landes, le 21 février 2017. (image d'illustration)
Des canards dans une ferme de Montsoué, dans les Landes, le 21 février 2017. (image d'illustration) AP - Bob Edme
3 mn

En France, la filière foie gras est en pleine crise cette année encore, pour la troisième fois en cinq ans. L'influenza aviaire s'est largement répandue dans les Landes et affecte aussi partiellement le Gers. Au total, 1,7 million d'animaux, essentiellement des canards, ont déjà été abattus pour tenter de maîtriser l'épizootie. Il est encore trop tôt pour déterminer avec précision le préjudice financier. La date de réintroduction des cannetons est encore inconnue. Mais déjà, le secteur réfléchit à des solutions pour éviter que cela se reproduise. 

Publicité

Sur son exploitation déserte, quelques jours après l'abattage de ses canards, Hervé Dupouy, représentant de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Landes, met sa période de vide sanitaire à profit pour réfléchir à des solutions : « En mettant nos animaux le plus possible à l’abri pendant l’hiver, on éviterait la primo infection. Ce que nous demandons également, c’est une réactivité de la part des pouvoirs publics pour, aussitôt qu’il y a une suspicion après analyse, qu’on abatte sur un rayon d’au moins 3 kilomètres autour tout ce qui ressemble à un canard. »

► À lire aussi : Grippe aviaire: flambée du nombre de foyers dans le sud-ouest de la France

Il s'interroge aussi sur l'opportunité de vacciner, au moins partiellement. Une vaccination pour laquelle Lionel Candelon, président des « Canards en colère », milite : « Si on avait eu les moyens de vacciner préventivement nos animaux dès l’annonce d’alerte, on aurait évité d’abattre un million et demi ou deux millions d’animaux pour rien et de les jeter à la poubelle. »

Pour l'instant, les autorités refusent. Cela empêcherait l'export. Mais la mise des animaux en bâtiment n'est une solution pour cet éleveur : « Il y a deux solutions. Soit on fait des densités tellement faibles qu’on n’est pas rentable, parce qu’il y a un surcoût de paillage et un surcoût de travail dans les bâtiments. Soit on augmente la densité à cinq ou six canards au m². Mais là par contre, au niveau du bien-être animal, on ne respecte aucune règle. »

Hervé Dupouy assure qu'il ne s'agit pas d'arrêter le plein air, mais seulement d'enfermer les animaux lorsque le risque est élevé. L'interprofession réfléchit aussi à rendre la production moins intensive en hiver.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail