Covid-19: l'Europe verrouille les exportations des vaccins

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 18 janvier 2021 à Bruxelles, en Belgique.
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 18 janvier 2021 à Bruxelles, en Belgique. AP - Johanna Geron
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après Pfizer, le laboratoire AstraZeneca a annoncé, lui aussi, une réduction de 60% de ses livraisons de vaccins. L’Union européenne compte d’autant plus sur le vaccin d’AstraZeneca, dont elle a 400 millions de doses en précommande, qu’il coûte moins cher que ceux de Pfizer et de Moderna et qu’il n’exige pas une conservation à -70°C. Le bras de fer s’est donc engagé entre l’UE et le laboratoire anglo-suédois. D’où l’idée de contrôler les exportations, soutenue en particulier par l’Allemagne et la France.

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Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

La pression exercée par l’Union européenne depuis l’annonce des retards d’AstraZeneca n’a pas connu de relâche. Deux réunions avec l’UE pour le laboratoire anglo-suédois, une lettre de la commissaire à la Santé, un coup de téléphone de la présidente de la Commission au PDG d’AstraZeneca, et puis cette idée : un mécanisme de contrôle des exportations vaccinales.

Le principe est de tenir un registre des exportations hors d’Europe des vaccins qui y sont produits. Les laboratoires devront avertir les autorités européennes quand ils voudront exporter, sauf pour des raisons humanitaires.

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« L’Union européenne et d’autres ont fourni des fonds. Des sommes importantes ont été investies pour construire des centres de recherche et de production assez tôt. L’Europe a investi des milliards pour aider au développement des premiers vaccins contre le Covid-19 au monde. Et maintenant, c’est aux laboratoires de fournir. Ils doivent honorer leurs obligations. C’est pourquoi nous allons construire un mécanisme de transparence des exportations de vaccins. L’Europe est déterminée à contribuer à ce bien commun mondial, mais elle défendra aussi ses propres intérêts », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi 26 janvier.

Est-ce un effet de la pression européenne ? Toujours est-il que le PDG d’AstraZeneca promet à l’Union européenne 17% de sa production. L’agence européenne des médicaments doit, elle, s'exprimer ce vendredi 29 janvier sur l’homologation du vaccin d’AstraZeneca-Oxford.

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