Pandémie de Covid-19: l'Europe serre la vis

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, encadré par Jonathan Van-Tam, médecin-chef adjoint, et Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef, en conférence de presse le 27 janvier 2021.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, encadré par Jonathan Van-Tam, médecin-chef adjoint, et Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef, en conférence de presse le 27 janvier 2021. REUTERS - POOL
Texte par : RFI Suivre
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Le gouvernement de Boris Johnson vient d’annoncer l’imposition d’une quarantaine à l’hôtel aux résidents au Royaume-Uni en provenance de 22 pays, notamment l’Afrique du Sud, le Portugal et de l’Amérique du Sud afin d’éviter d’importer des variants du Covid-19 potentiellement résistants aux vaccins. 

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Le Royaume-Uni, premier pays européen à avoir passé le seuil symbolique des 100 000 décès, annonce pour sa part la prolongation du confinement national au moins jusqu'au 8 mars. Londres durcit les restrictions pour les arrivées de pays à risque, constate notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Le gouvernement de Boris Johnson vient d’annoncer l’imposition d’une quarantaine à l’hôtel aux résidents au Royaume-Uni en provenance de 22 pays notamment l’Afrique du Sud, le Portugal et de l’Amérique du Sud afin d’éviter d’importer des variants du Covid potentiellement résistants aux vaccins. 

L’accès au territoire est déjà interdit à la plupart des visiteurs étrangers et dorénavant les Britanniques et résidents au Royaume-Uni devront s’isoler dans des logements fournis par le gouvernement, notamment des hôtels, pendant dix jours sans exception et surtout à leurs frais. Ces voyageurs seront pris en charge dès leur arrivée et escortés directement sur les lieux de leur quarantaine. Un durcissement qui se veut dissuasif alors qu’au Parlement, la ministre de l’intérieur, Priti Patel, a déploré le fait que les gens continuaient à partir en vacances malgré le contexte actuel : « Les gens ne devraient tout simplement pas voyager. On a vu des voyageurs arriver à la gare de St Pancras avec leurs skis. C’est clairement inacceptable. On voit aussi nombre de célébrités se vanter sur les réseaux sociaux d’être dans des endroits paradisiaques. Mais partir en vacances ne fait pas partie des exemptions… », s'est-elle agacée.

Néanmoins cette mesure va moins loin qu’une quarantaine en hôtel pour toutes les arrivées, proposition finalement écartée par le gouvernement mais réclamée par l’opposition travailliste qui a critiqué une décision « trop timide et trop tardive » et accusé Boris Johnson d’« aller d’une crise à l’autre » par son manque de réactivité.

À lire aussi : Boris Johnson critiqué par les médecins alors que le Royaume-Uni passe le cap des 100000 morts

La Norvège, de son côté, se cloître pour limiter l'éclosion des nouveaux variants. Elle instaure les mesures les plus strictes jamais adoptées depuis le début de la pandémie et ferme ses frontières à tous les non-résidents.

Le Portugal suspend ses liaisons aériennes avec le Brésil. Et va solliciter l'aide de l'Europe pour soulager son système de santé, débordé par la hausse massive des contaminations due à la souche britannique.

Inquiétude aussi en Slovaquie où les autorités serrent également la vis : s'ils veulent sortir de chez eux, que ce soit pour travailler ou faire leurs courses, les Slovaques ont désormais l'obligation de présenter un test négatif.

Et les écoles restent fermées en Allemagne, en Irlande, au Danemark, et dans certaines régions d'Italie.

Dans le monde, la situation s'assombrit de jour en jour : le nombre mondial des cas officiellement recensés a dépassé les 100 millions et selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les nouveaux variants du coronavirus continuent de se répandre : le Britannique s'est étendu à 70 pays et le Sud-Africain à 31. Ce chiffre confirme une tendance constatée depuis début janvier : la mortalité s'accélère nettement, les seuils de morts quotidiennes sont passés plus rapidement et le plateau s'établit à des niveaux de plus en plus élevés (en moyenne, 14.000 décès en 24 heures depuis le 22 janvier, contre 10.000 fin novembre). Au total, le monde a enregistré 2,16 millions de morts.


Couac dans le processus de vaccination en Espagne

Grosse polémique en Espagne et surtout à Madrid, car la présidence de cette région a décidé ne pas administrer de vaccin contre le Covid pendant deux semaines. Pour différentes raisons. Madrid fait déjà partie des régions les plus en retard dans ce domaine. L’inquiétude s’étend, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.

Les Madrilènes sont perplexes quant à la campagne de vaccination. Tous savent ici qu’il y a des difficultés d’approvisionnement pour toute l’Espagne de la part des laboratoires, mais peu de gens comprennent que, en raison de ces carences en vaccins, il va falloir stopper le processus de vaccination durant quinze jours. Selon la Région Madrid, cette mesure a été prise pour s’assurer que toutes les personnes qui ont reçu une première dose puissent avoir l’assurance de recevoir la deuxième. 

Les craintes grandissent. Auprès des personnes âgées, prioritaires, et aussi auprès du personnel soignant. Patricia est psychologue dans un grand hôpital de Madrid, le Ramon y Cajal. Elle a été vaccinée une première fois le 12 janvier, mais elle n’est pas sûre de recevoir la deuxième injection prévue le 2 février.

« Je vois bien que les vaccins promis ne sont pas arrivés. Il faut régler ce problème car c’est c’est la seule façon d’en finir avec la pandémie. Alors, oui, il faut régler le problème le plus vite possible ! »

Depuis quelques semaines, l’Espagne ne reçoit que la moitié des doses qu’elle a commandée, soit seulement 24 000 doses par semaine. Le gouvernement socialiste, qui met la pression pour que les livraisons s’accélèrent, est au centre du débat. Les régions l’accusent de mal gérer la gestion des stocks, rapporte notre correspondante à Madrid Diane Cambon

La région de Madrid n’a vacciné jusqu’ici que 2% de sa population. Ce qui fait craindre à beaucoup qu’à ce rythme jamais elle ne pourra immuniser 70% de ses habitants d’ici l’été, qui est l’objectif marqué par les autorités régionales.

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