Amnesty International retire à Alexeï Navalny son statut de prisonnier d’opinion

L'opposant russe Alexeï Navalny, le 2 février 2020.
L'opposant russe Alexeï Navalny, le 2 février 2020. © ASSOCIATED PRESS

Amnesty International ne considère plus Alexeï Navalny comme un « prisonnier d’opinion ». L’ONG de défense des droits de l’homme a pris cette décision après avoir examiné des déclarations nationalistes faites dans les années 2000 et considérées par Amnesty comme étant « haineuses ». Amnesty International précise cependant qu’elle continuera à se battre pour la libération « immédiate » de l’opposant russe.

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De notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

C’est le 17 janvier dernier, après son arrestation à son retour d’Allemagne, qu’Amnesty International décide de considérer Alexeï Navalny comme un prisonnier d’opinion. L’ONG estime alors que l’opposant est la victime « d’une campagne impitoyable » menée par les autorités de son pays, et qu’il a été arrêté « du fait de son militantisme politique pacifique et parce qu’il a exercé son droit à la liberté d’expression ».

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Cinq semaines plus tard, l’ONG fait machine arrière en raison des déclarations nationalistes et racistes faites par l’opposant dans les années 2000. Interrogé par l’Agence France-Presse Amnesty explique que ces commentaires relèvent de « l’appel à la haine, ce qui est en contradiction avec notre définition du prisonnier d’opinion ». L’ONG regrette que l’opposant n’ait pas dénoncé publiquement ces déclarations, mais précise qu’elle continuera à se battre pour sa libération. Plus de 200 000 personnes ont d’ailleurs déjà signé une pétition remise par Amnesty International au Kremlin, en faveur de l’opposant russe.

Le précédent Mandela

En dépit de ces déclarations, la décision de l’ONG a suscité la fureur des partisans d’Alexeï Navalny qui l’accusent d’avoir cédé à des pressions externes et à une campagne de diffamation. Amnesty « s’est fait nourrir de merde et elle a aimé ça », a notamment déclaré sur Twitter Léonid Volkov, l’un des bras droits de l’opposant.

Ce n’est pourtant pas la première fois qu’Amnesty International prend une telle décision – et la comparaison pourrait d’ailleurs être flatteuse pour l’opposant russe. Au début des années 1960, c’est Nelson Mandela qui s’était ainsi vu retirer son statut de prisonnier de conscience par Amnesty International. Motif invoqué : le futur président sud-africain s’était exprimé en faveur de la violence politique pour abattre le régime d’Apartheid.    

 

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