Polémique en Espagne après une régularisation fiscale de l'ex-roi Juan Carlos

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos photographié en 2019.
L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos photographié en 2019. JOHN THYS Belga/AFP/File

Grosse polémique en Espagne après une régularisation fiscale du roi émérite d’environ 4 millions euros, pour l’usage frauduleux de jets privés dans le cadre d’une fondation off shore dirigée par son cousin Alvaro d’Orléans, car cette régularisation ne vise en réalité qu’à lui éviter le délit fiscal. La controverse se braque de nouveau sur l’ancien chef d’État, poursuivi par la justice pour malversation.

Publicité

Avec notre correspondant à Madrid,  François Musseau

Le roi Felipe VI se serait bien passé des nouveautés concernant son père Juan Carlos, celui qui avait abdiqué en sa faveur en 2014 et qui, depuis août dernier, s’est réfugié à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, pour ne pas lui faire de l’ombre et écorner son image.

Juan Carlos est en effet au centre de trois grandes enquêtes judiciaires, liées à une commission de 100 millions d’euros qu’il aurait présumément reçue de la part de l’Arabie saoudite en 2015 en rapport à l’installation du train rapide à La Mecque.

La régularisation fiscale, prise à l’initiative du roi émérite, vise à lui éviter d’être poursuivi, et cela irrite une bonne partie de la classe politique espagnole. À commencer par le chef du gouvernement Pedro Sanchez. « Mon gouvernement est perturbé et incommodé après toutes ces nouvelles rapportées par les médias concernant l’ancien chef de l’État », a-t-il commenté.

Pedro Sanchez condamne les agissements frauduleux reprochés à Juan Carlos, mais en même temps, il tente de protéger l’actuel roi Felipe VI et donc la monarchie. « Ici, on ne remet pas en cause une institution, en l’occurrence la Maison royale, la Couronne, ici on remet en cause, on émet des doutes, sur une personne », ajoute-t-il.

Une enquête récente montre que plus de 40% des Espagnols sont favorables à la République contre seulement 36% en faveur du maintien de la monarchie. La Maison royale a du souci à se faire.

► À lire aussi : Exil de Juan Carlos: l'ex-roi d'Espagne se trouve aux Émirats arabes unis

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail