Brexit: au pair, la fin d'une tradition

Le système des jeunes au pair était une tradition bien installée au Royaume-Uni (illustration).
Le système des jeunes au pair était une tradition bien installée au Royaume-Uni (illustration). Getty Images/PhotoAlto - PhotoAlto/Eric Audras

Depuis le 1er janvier et la mise en place d'un nouveau système d’immigration à points au Royaume-Uni, les séjours au pair sont devenus quasi impossibles pour les jeunes Européens qui constituent pourtant la majorité des candidatures.

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C'est une tradition ancienne et très populaire au Royaume-Uni que l'avènement du Brexit vient d'achever : les jeunes au pair. Le système consiste pour des familles à loger, nourrir et donner un peu d’argent de poche à un jeune étranger venu perfectionner son anglais et découvrir la culture britannique, en échange d’heures de garde et de menus travaux.

Durant l'année scolaire, ces jeunes sont un pilier vital pour la famille d'Hélène, mère de deux enfants au sein d'un foyer binational londonien à l'agenda serré. Mais depuis le Brexit, les candidats se font rares. Et après le départ en juillet de Perle, sa jeune fille au pair au prénom prédestiné, cette maman ne sait pas du tout comment elle va faire.

En ce qui concerne l'aîné qui va à l'école tout seul, aucun problème. Mais pour la petite de huit ans, cela s'annonce plus compliqué. « Comme on n’habite pas à côté de l’école, on a besoin de quelqu’un qui l’amène et qui la ramène. Et une nanny, c’est impossible, c’est beaucoup trop cher », confie Hélène, désemparée.

Au moins 23 000 euros par an

Or, selon le nouveau système d’immigration en vigueur, les au pair européens doivent désormais gagner au moins 23 000 euros par an pour obtenir un visa, soit quatre fois plus que le budget prévu jusque-là par des dizaines de milliers de familles.

Cynthia Cary de l’agence de placement Rainbow Au Pair, confirme l’ampleur du désastre : « Nous n’avons aucun dossier. Notre business a été complètement détruit. Nous avons des demandes, mais aucune offre. Et si ça ne s’améliore pas, nous devrons mettre la clé sous la porte. »

Pétitions et campagnes soutenus par divers députés, rien n’y a fait. Le gouvernement rétorque que la main d’œuvre britannique peut combler les carences, oubliant un peu vite que ce programme était avant tout une opportunité sans pareil d’échange linguistique et culturel.

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