Arménie: devant ses partisans, Nikol Pachinian se dit prêt à des législatives anticipées

Fort de son avance dans les sondages face à l'opposition, le Premier ministre Nikol Pachinian s'est dit prêt à affronter les urnes. Erevan, le 1er mars 2021.
Fort de son avance dans les sondages face à l'opposition, le Premier ministre Nikol Pachinian s'est dit prêt à affronter les urnes. Erevan, le 1er mars 2021. via REUTERS - Hayk Baghdasaryan/Photolure

Appelé à la démission par ses opposants depuis la défaite de l'Arménie dans le Haut-Karabakh, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s'est dit prêt ce lundi à des législatives anticipées.

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Faut-il y voir une tentative de sortie de crise ? Alors que ses détracteurs réclament depuis des mois sa démission, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a de nouveau proposé ce lundi des élections législatives anticipées. « Si l'opposition parlementaire est d'accord, nous serons d'accord aussi », a-t-il lancé devant des milliers de ses partisans réunis dans le centre d'Erevan. « Seul le peuple peut décider qui restera au pouvoir », a poursuivi le Premier ministre qui a pour l'instant la majorité au Parlement.  

Nikol Pachinian peut compter sur des sondages qui lui sont largement favorables. Les dernières enquêtes d'opinion créditent son parti de 33% d’intentions de vote, contre 4% pour le premier parti d’opposition.

Le chef du gouvernement avait déjà ouvert la voie à des élections législatives anticipées dans un communiqué publié sur Facebook le 25 décembre dernier, après deux mois d'une crise politique consécutive à la défaite militaire dans le Haut-Karabakh. 

« Traître »

Élu en 2018 après une vague de contestation contre les anciens dirigeants, Nikol Pachinian est à son tour critiqué par une partie de la population. Il est même qualifié de « traître » depuis qu'il a accepté, sous la pression, l'accord de paix entérinant une défaite humiliante de l'Arménie face à l'Azerbaïdjan, après plusieurs semaines de combats autour de l'enclave arménienne.

La crise politique s'est brutalement accentuée jeudi dernier lorsque l'état-major a appelé à la démission du Premier ministre. Celui-ci a aussitôt dénoncé « une tentative de coup d'État » et réclamé le limogeage du chef de l'armée au nom de la Constitution qui interdit aux militaires de prendre part aux affaires politiques. Une demande rejetée par le chef de l'État.

Depuis, les rassemblements pour et contre Pachinian se multiplient, comme ce lundi soir, où les deux camps sont descendus dans les rues de Erevan.

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