Irlande du Nord: le Brexit à nouveau source de tensions

Un graffiti dans un quartier loyaliste de Belfast: «Pas de frontière en mer d'Irlande».
Un graffiti dans un quartier loyaliste de Belfast: «Pas de frontière en mer d'Irlande». PAUL FAITH AFP

Le Brexit est à nouveau source de tensions en Irlande du Nord. Plusieurs groupes paramilitaires unionistes nord-irlandais viennent de retirer leur soutien à l’accord de paix de 1998 pour protester contre le protocole mis en place dans le cadre de l’accord sur le Brexit. Ce protocole implique des contrôles et signifie l’instauration d’une frontière entre la province nord-irlandaise et le reste du Royaume-Uni, une séparation inadmissible pour ces paramilitaires.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

« Ne sous-estimez pas la rancœur suscitée au sein de la famille unioniste » : la lettre, au nom de trois organisations paramilitaires loyalistes sonne comme un clair avertissement adressé à Londres, Dublin et Bruxelles. Si aucun changement n’est rapidement apporté au protocole qui régit les échanges commerciaux entre l’Irlande du nord et le Royaume-Uni depuis le Brexit, l’accord du Vendredi Saint sera « détruit à jamais ».

Ruptures d'approvisionnements

En attendant, les paramilitaires ont décidé de ne plus soutenir le traité de paix de 1998 même si leur opposition au protocole nord-irlandais devrait demeurer « pacifique et démocratique ». Les perturbations commerciales engendrées par les contrôles entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord depuis le Brexit, notamment les ruptures d’approvisionnement dans les supermarchés et le refus persistant de certaines grandes chaînes de livrer leurs denrées dans la province ont aggravé les tensions au sein des partis unionistes.

Intolérable séparation

Les paramilitaires loyalistes à la couronne y voient une séparation intolérable avec la mère patrie britannique et demandent un assouplissement drastique. Une intense pression qui explique la décision du gouvernement britannique, mercredi soir, de prolonger de six mois jusqu’au 1er octobre la « période de grâce » sur les contrôles douaniers entre Londres et Belfast qui devait expirer le 1er avril. Une décision unilatérale en violation de l’accord sur le Brexit qui a été immédiatement condamnée par la Commission européenne et envenime les âpres désaccords entre Londres et Bruxelles.

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