La Biélorussie demande l'extradition de l'opposante Tikhanovskaïa, la Lituanie refuse

La cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa est poursuivie dans son pays pour son rôle dans le mouvement de contestation post-électoral de 2020.
La cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa est poursuivie dans son pays pour son rôle dans le mouvement de contestation post-électoral de 2020. REUTERS - STAFF

La Biélorussie a annoncé ce vendredi avoir demandé à la Lituanie l'extradition de la cheffe de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, poursuivie dans son pays pour son rôle dans le mouvement de contestation post-électoral de 2020.

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Le parquet général biélorusse a demandé à son homologue lituanien d'extrader Svetlana Tikhanovskaïa « pour qu'elle puisse être poursuivie pour des crimes contre l'ordre et la sécurité publique », indiqué ledit parquet dans un communiqué.

Rivale d'Alexandre Loukachenko à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa, figure de proue de l'opposition biélorusse, a été contrainte de se réfugier en Lituanie juste après le scrutin d'août 2020 qui a vu la réélection controversée du président Loukatchenko. Elle se disait menacée par les services de sécurité.

Les autorités biélorusses l'accusent d'avoir organisé l'année passée « des troubles de masse ». Une référence aux manifestations qui avaient réuni l'année dernière des dizaines de milliers de personnes. Elle est aussi poursuivie depuis l'automne 2020 pour « appels à des actions portant atteinte à la sécurité nationale » et risque de trois à cinq ans de prison. 

De son côté, l'opposante a toujours insisté sur le caractère pacifique des manifestations, et dénoncé le recours à la force et la répression orchestrées par les autorités du mouvement de contestation.

Rejet catégorique de Vilnius

Les autorités lituaniennes ont fermement rejeté la demande de Minsk. « Tous ceux qui ont trouvé refuge en Lituanie peuvent se sentir en sécurité et ne seront pas rendus aux régimes [qui les poursuivent], que ce soit pour leur lutte pour la démocratie et la liberté d'expression ou pour leur croyance », a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie lituanienne, Gabrielius Landsbergis. « Nous n'avons qu'une chose à dire au régime biélorusse : il fera froid en enfer avant que nous examinions vos demandes », a-t-il ajouté.

Mardi, les enquêteurs ont publié une vidéo présentée comme montrant Svetlana Tikhanovskaïa en train de discuter de projets de s'emparer de bâtiments gouvernementaux à Gomel, deuxième ville du pays, après l'élection présidentielle d'août.

La répression du mouvement de contestation a été condamnée par les pays occidentaux. L'Union européenne et les États-Unis ont pris des sanctions contre des proches du président biélorusse, qui, soutenu par Moscou, est resté sourd à ces pressions.

(avec AFP)

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