Le torchon brûle entre le Royaume-Uni et l'UE autour de l'Irlande du Nord

Après la décision unilatérale de Londres de prolonger de six mois le sursis appliqué en Irlande du Nord sur les contrôles sanitaires, Bruxelles envisage un recours juridique.
Après la décision unilatérale de Londres de prolonger de six mois le sursis appliqué en Irlande du Nord sur les contrôles sanitaires, Bruxelles envisage un recours juridique. REUTERS - CLODAGH KILCOYNE

L’extension par le gouvernement britannique de la « période de grâce » avant l’entrée en vigueur de certains contrôles douaniers entre l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni provoque la colère de l’UE. Il faut prendre des mesures juridiques si on ne peut plus faire confiance au Royaume-Uni, estime le ministre irlandais des Affaires étrangères, alors qu’à Bruxelles on prépare justement de telles mesures et que le Parlement européen repousse l’accord de libre-échange avec Londres.

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Avec notre bureau à Bruxelles,

La Commission européenne a affirmé, ce vendredi 5 mars, qu’une prolongation de la « période de grâce » pour l’Irlande du Nord pourrait être envisagée seulement d’un commun accord entre l’Union et le Royaume-Uni ; la décision ne peut être prise que par le conseil conjoint de partenariat pour l’accord de Brexit. 

En attendant, le Royaume-Uni ne respecte pas ses engagements, selon la Commission européenne. L’extension de six mois de la « période de grâce » est une décision unilatérale de Londres. C’est inacceptable pour l’UE et le commissaire européen Maros Sefcovic, chargé de la surveillance du Brexit, annonce préparer pour mercredi une action juridique pour violation de l’accord.

L'accord commercial toujours en suspens

Dans le même temps, au Parlement européen, la conférence des présidents, qui réunit les chefs de file de tous les groupes politiques, a décidé de ne pas fixer de date pour la ratification de l’accord commercial avec le Royaume-Uni. Cet accord est pour l’instant en vigueur de manière provisoire, puisque les négociations n’ont abouti que le 24 décembre. Pour le mettre en place de manière formelle, il faudrait une ratification du Parlement européen dans le courant du mois de mars et c’est cela que la conférence des présidents a refusé de fixer.

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