Covid-19: la question des brevets des vaccins divise les pays membres de l’OMC

Le siège de l’OMC à Genève (image d'illustration).
Le siège de l’OMC à Genève (image d'illustration). REUTERS/Ruben Sprich

La course aux vaccins continue de faire rage. Nouvel exemple mercredi avec l'Europe qui annonce l'achat de 4 millions de doses supplémentaires du vaccin de Pfizer BioNTech. Même chose en Suisse, avec 3 millions de doses en plus. L'Organisation mondiale du commerce discute en ce moment de la possibilité de suspendre les brevets sur les vaccins anti-Covid pour accélérer leur diffusion. Une centaine de pays soutiennent la proposition. Mais pas les pays occidentaux où siègent la plupart des groupes pharmaceutiques.

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Avec notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

Pour les partisans de l'initiative, dont l'Inde, la suspension des brevets permettrait de multiplier les sites de production à travers le monde. Les pays pauvres, qui peinent à recevoir les vaccins, pourraient être rapidement livrés et à des prix abordables. Mais selon le président de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique, ce qui manque aujourd'hui pour faire plus de vaccins, ce sont les matières premières et le personnel qualifié. Thomas Cuéni affirme que les brevets ne sont pas en cause.

Cet argument du brevet pas si important que ça dans la lutte contre la pandémie, l'Afrique du Sud n'y croit pas. Devant l'OMC, le pays a dénoncé les pratiques d'une industrie qui maximise ses profits à défaut de l'intérêt général. C'est ce que dit aussi Médecins sans frontières. David di Lorenzo est coordinateur pour l'ONG : « C’est ce qu’on constate à chaque fois. Il y a une peur qui s’installe, donc on va faire des promesses, parler de solidarité mondiale et au final, les mécaniques habituelles se remettent en place et les profits repassent devant les vies humaines. »

Aucun accord entre les pays membres n'a pour le moment été trouvé. On en est d'ailleurs très loin. Deux nouvelles réunions sur les brevets sont déjà programmées d'ici début juin à l'OMC.

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