Suspendues en 2013, les relations diplomatiques Turquie-Égypte reprennent, assure Ankara

Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, lors d’une conférence de presse dressant le bilan de l’année diplomatique de la Turquie, le 30 décembre 2020.
Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, lors d’une conférence de presse dressant le bilan de l’année diplomatique de la Turquie, le 30 décembre 2020. © Fatih Aktas / AP

La Turquie et l'Égypte ont repris des contacts diplomatiques pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013 après la destitution du président égyptien Mohamed Morsi.

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« Des contacts au niveau diplomatique ont débuté avec l'Égypte », a indiqué ce 12 mars le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, cité par l'agence de presse étatique turque Anadolu. Ankara a multiplié ces dernières semaines les déclarations apaisantes envers Le Caire.

La reprise des relations entre les deux pays se fait « petit à petit » et suivant une « feuille de route », a poursuivi le ministre. Le président Recep Tayyip Erdogan a pour sa part évoqué la « poursuite » avec Le Caire d’une « coopération » diplomatique, économique et dans le domaine du renseignement, « pas au plus haut niveau, mais juste en dessous », précise notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer.

Le clash de 2013 provoqué par la destitution de Mohamed Morsi 

Les relations entre Ankara et Le Caire s'étaient fortement tendues lors de la destitution en 2013 du premier président démocratiquement élu d'Egypte, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et soutenu par la Turquie. La Turquie a d'ailleurs accueilli de nombreux dissidents égyptiens issus des Frères musulmans et le président turc Recep Tayyip Erdogan a à plusieurs reprises qualifié l'actuel dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi de « putschiste ».

Ces événements en Egypte avaient affaibli la politique régionale de la Turquie, qui s’était résolument tournée vers les pays arabes et l'AKP craignait une baisse de son influence dans la région, son rôle d’exemple et de modèle de réussite d’un régime islamisant qui s’était renforcé depuis le début des printemps arabes. 

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Des intérêts communs en Méditerranée orientale

Les dirigeants turcs ont mis en sourdine leurs critiques du régime. Ils estiment qu’un rapprochement avec Le Caire servirait leurs intérêts dans au moins deux grands dossiers : le partage des ressources gazières de la Méditerranée orientale et la situation en Libye.

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En août dernier, l'Egypte et la Grèce ont signé un accord délimitant leurs frontières maritimes, alors qu'une crise opposait Ankara et Athènes au sujet des hydrocarbures en Méditerranée orientale, suscitant la colère d'Ankara. 

Mais début mars, le chef de la diplomatie turque s'est dit « prêt » à négocier un accord de délimitation maritime avec l'Egypte en Méditerranée orientale, riche en hydrocarbures. 

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Avec l’arrivée de Joe Biden à la tête des Etats-unis, la Turquie est d’autant plus encouragée à rompre son isolement dans la région. Le chef de la diplomatie turque a d’ailleurs souhaité réparer aussi les relations avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

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