Allemagne: les chrétiens-démocrates de Merkel battus dans deux élections régionales tests

Le secrétaire-général de l'Union des chrétiens-démocrates (CDU) d'Angela Merkel, Paul Ziemiak, quitte le podium après avoir réagi aux premiers résultats de deux élections régionales, donnant son parti largement battu, à Berlin, le 14 mars 2021.
Le secrétaire-général de l'Union des chrétiens-démocrates (CDU) d'Angela Merkel, Paul Ziemiak, quitte le podium après avoir réagi aux premiers résultats de deux élections régionales, donnant son parti largement battu, à Berlin, le 14 mars 2021. REUTERS - POOL

Deux régionales très attendues se sont déroulées dimanche 14 mars dans le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat, des scrutins qui servaient de baromètre à six mois des élections générales et du départ d'Angela Merkel. Dans les deux Länder, les chrétiens-démocrates de la chancelière ont essuyé de lourdes défaites, alors que le parti était déjà en difficulté.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

On s’attendait à un dimanche difficile pour la CDU. Selon les sondages de sortie des urnes, le parti chrétien-démocrate perd entre 4 et 6 points, avec des scores historiquement bas dans ces deux régions.

La popularité des sortants, des candidats CDU peu convaincants, a joué un rôle négatif. Mais sans doute aussi, plus largement, un recul au niveau national.

Deux explications : les critiques de plus en plus importantes contre la gestion de la pandémie par Berlin et des affaires récentes avec des commissions empochées par des députés conservateurs lors de ventes de masques contre le Covid-19.

Les Verts défendent avec succès leur fief du Bade-Wurtemberg qu’ils gèrent depuis dix ans et confirment leur bonne tenue actuelle dans les sondages. Les sociaux-démocrates, malgré des reculs, peuvent se féliciter de voir la populaire ministre-présidente de la Rhénanie-Palatinat reconduite.

Si comme dans cette région, une coalition entre les Verts, le SPD et les libéraux se met en place dans le Bade-Wurtemberg, il s’agirait d’un signal politique à six mois des élections générales : une coalition est possible sans la CDU et avec elle une alternance politique.

 À lire aussi : Allemagne: la CDU, le parti d'Angela Merkel, en perte de vitesse

Conclusion : « Premier test négatif », titre le quotidien de gauche Tageszeitung. Sa Une, où l'on voit le président de la CDU, Armin Laschet, se gratter la tête, résume la difficile situation des chrétiens-démocrates. Au-delà des scores historiquement bas de dimanche, le parti recule plus largement dans les sondages. Responsables : les critiques contre la gestion de la pandémie avec des chrétiens-démocrates en première ligne, la chancelière et ses ministres de la Santé et de l’Économie. Le quotidien conservateur Die Welt s’interroge : « La CDU est-elle vraiment capable de gouverner ? ». 

« Il est temps que le parti se réveille », écrit un quotidien régional. Son nouveau président Armin Laschet a été élu en janvier de justesse et sort affaibli de ce premier test électoral. Les conservateurs n’ont toujours pas tiré au clair la candidature à la chancellerie. Qui du patron de la CDU ou du plus populaire leader de la CSU bavaroise mènera la campagne ? Enfin, les élections de dimanche montrent qu’une alternative politique sans les conservateurs est possible avec une alliance entre les Verts, les sociaux-démocrates et les libéraux. 

 

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